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  • JJS
  • Membre/Member, NTIA IANA Functions' Stewardship Transition Coordination Group (2014~2016); Membre/Member, NetMundial Initiative Coordination Council (déc. 2014~2016); ICANN/ALAC (2010~14); ICANN Board (2007-10); diplomat(e) (1971-2005); ambassadeur/dor (1995-2005). Gouvernance; défis globaux / Governance; global challenges.
  • Membre/Member, NTIA IANA Functions' Stewardship Transition Coordination Group (2014~2016); Membre/Member, NetMundial Initiative Coordination Council (déc. 2014~2016); ICANN/ALAC (2010~14); ICANN Board (2007-10); diplomat(e) (1971-2005); ambassadeur/dor (1995-2005). Gouvernance; défis globaux / Governance; global challenges.

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17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 09:10

Nous n'étions pas nombreux, hier, au rassemblement des bloggeurs de Metz, une petite douzaine. Première réflexion, in petto : "hmmm, la communication instantanée perd du terrain ; ou alors certains, dépités par le résultat des élections, boudent ce média qui n'a pas permis de faire la différence...". Mais très vite, l'ambiance conviviale s'est imposée à moi comme aux autres. Stéphane, hôte discret et attentif, a déjà fait un bref compte rendu en vidéo (cliquez ici), je n'y reviens donc pas. Mais c'est l'occasion de livrer quelques réflexions.

Tenir un blog implique-t-il un certain style ? Il semble que oui : la grande majorité des bloggeurs chosissent (ou acceptent comme inéluctables) le récit rapide, la phrase courte, la recherche de l'impact. Ils trouvent que les itérations du chien de la voisine, dans la cour de leur immeuble, mérite tout autant d'être communiquées à l'humanité que l'expression d'une joie, d'une détresse, ou d'une lecture éclairante. C'est la contrepartie de la communication électronique, plus périssable que la chose imprimée. Comment retenir l'attention d'une communauté qui, à portée de doigt, peut faire surgir sur l'écran des milliers de liens, des millions d'univers individuels ? Pour la plupart de mes voisins de table, hier à Metz, c'est d'ailleurs une évidence. Alors, pourquoi ressens-je (oops !) une certaine gêne ? C'est que, même en souhaitant abolir la distance entre générations, je prête au texte une valeur qu'il n'a peut-être pas aux yeux de Damien, Jimmy ou Pamela. Ou plus exactement, eux sont capables de faire la part des choses : un texte qui mérite d'être imprimé a une valeur, mais elle n'est pas supérieure, elle est simplement différente de l'intérêt que présente une communication spontanée, rapide, fût-elle fugace. Au fond, il me reste à accepter que le blog, même s'il a recours à l'écrit, n'est guère différend de l'art de la conversation, où le sens de la répartie vaut mieux que syntaxe et grammaire.

La blogosphère connaîtra-t-elle un jour un problème de contenu ? J'ai lancé ce thème, pour voir. Très vite, je me suis aperçu d'une difficulté : là où, pour moi, "contenu" recouvrait forcément une chose relativement substantielle, la plupart des bloggeurs messins rencontrés hier en avaient une conception tout autre. Encore une leçon pour ma génération : le blog, même s'il ne peut se passer de l'écrit, utilise tout autant l'image et le son. Fournir des liens vers d'autres sites, vers des podcasts, n'est pas signe de paresse rédactionnelle, c'est un mode de vie. J'apprends : ainsi donc, s'inscrire dans une chaîne relationelle, même éphémère et d'un contenu qui (en tout cas pour moi, apparaît) faible, est pour nombre de mes congénères bloggeurs plus important que de contribuer quelque chose d'original, de plus construit. Là, il va falloir que je m'habitue à cette définition de la valeur ajoutée...

Pour conclure, deux suggestions pour les prochaines rendez-vous de bloggeurs, que ce soit au Luxembourg ou à Metz :

1) choisir, pour la rencontre, une brasserie dotée d'un accès wi-fi ;

2) sans le moins du monde mettre en danger la spontanéité, prévoir en petit nombre quelques thèmes de discussion. A titre d'exemple : demain, le rôle de l'internet et des blogs dans la politique régionale et locale ; les bloggeurs lisent-ils plus ou moins que la moyenne des citoyens? ; une fois passée la fascination initiale de la communication instantanée, peut-on envisager, veut-on avoir, un contenu de qualité pour (certains) blogs, alliant spontanéité et réflexion ?

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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 15:28

Notre monde est bousculé par les transferts instantanés et le caractère fugace des échanges. Voici le premier article d'une nouvelle série, "Reflets du monde".

L'autre jour, un déjeuner à Shanghai: le menu, en anglais et en chinois, propose des plats italiens, des vins de plusieurs provenances ; le décor est international, c'est-à-dire indifférent, virant au prétentieux. Arrivée des convives, échange des cartes de visite (à deux mains, en s'inclinant légèrement), présentations. La conversation cherche sa voie, puis s'installe. Mon voisin, la cinquantaine, est déconcerté par l'étendue du menu et ses formules savantes. Mais il remarque qu'en musique de fond, c'est l'Hiver selon Vivaldi. Ainsi, il se trouve encore des gens pour qui la musique (même libre de droits et simplement utilisée pour remplir les insterstices de l'espace marchand), n'est pas devenue opaque, ni indifférente. Sans doute notre interlocuteur se souvient-il encore de l'émerveillement de son premier disque vinyle ou de son premier CD, peut-être justement Les Quatre Saisons. Même si le divertissement (entertainment) joue désormais un rôle économique majeur, n'acceptons pas qu'il nous soit présenté comme substitut de la culture.

Autre moment : dans un avion entre deux aéroports européens, arrive l'hôtesse poussant le chariot des repas. Je réprime un souvenir (Singapour-Paris sur UTA, dans les années 1970) en recevant une barquette en aluminium avec des pâtes chaudes, un pain spongieux, des couverts en plastique blanc, "et avec ça, que voulez-vous boire?". Allons-y pour un vin rouge. C'est la première fois que, sur un vol d'une compagnie aérienne européenne, on me sert une demi-bouteille dont l'étiquette annonce un "Cabernet Sauvignon & Syrah, from China with pride". Sous l'idéogramme pour "qi" (l'esprit, le souffle), le texte en chinois paraît un tantinet moins modeste qu'en anglais. La bouteille reproduit exactement les caractéristiques de son homologue bordelaise : même couleur du verre, même type d'étiquette, même collet rouge. Par l'entremise d'un intermédiaire de droit néerlandais, le producteur a donc accès à l'ensemble de l'UE, et probablement au-delà. Beau succès pour l'entreprise chinoise qui a sans doute bénéficié, il y a une dizaine d'années, du transfert (gratuit) du meilleur savoir-faire viticole d'un ou de plusieurs pays européens riverains de la Méditerranée...

Un empereur fit franchir des cols alpins à des éléphants blindés, un stratège implacable poussa troupes à travers des tempêtes de neige dans la plaine lituanienne, des amiraux engloutirent des flottes altières, des bombardements aériens réduirent de fières villes au chaos primitif, sans jamais atteindre un tel résultat, tranquille mais irréversible : InterCity, dont le siège est aux Pays-Bas, ne sert plus que du vin chinois sur ses vols. Devant le fait accompli, qui n'a d'ailleurs rien d'illégal ni d'immoral, le protectionnisme ne sert à rien : je constate simplement que la libéralisation des échanges crée une réalité internationale plus puissante que la force armée, plus attrayante que la culture, plus assimilable que le débat d'idées, plus prégnante que la raison. A moins que...

A moins qu'une parita de Bach (par exemple interprétée par Dinu Lipatti, car qui donc ira vérifier s'il lui reste un ayant-droit), diffusée par un méchant récepteur radio, ne touche, comme une révélation, une jeune villageoise dans le Shandong, un vieil habitant d'un township jouxtant Johannesburg, une mère de famille dans une favella de Rio de Janeiro. A moins que, pour son premier accès à l'internet, un écolier à Kalkota ne découvre que son correspondant  à Islamabad vit à peu près comme lui. A moins que la blogosphère ne finisse par reproduire, dans des pays à système politique fermé, le même effet que la machine à fax avait eu dans le monde soviétique, entre glasnost et perestroïka. La mondialisation se poursuit avec un succès que rien ne semble arrêter : qu'en sera-t-il de la mondialisation de la tolérance, de la compassion, qu'en sera-t-il de l'échange des idées ?

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With instant transfers and short-lived exchanges, our world is subjected to overwhelming change. Here is the first article in a new series, "Images of the world".

The other day, lunch in Shanghai: the menu, in English and Chinese, offers Italian dishes, wines of diverse provenance; the interior design is international, that is to say indifferent, slightly show-off. Arrival of the guests, exchange of name cards (presented with both hands, and bowing slightly), introductions. Conversation tries to get off the ground, finally does. My neighbour, fity-ish, is nonplussed by the sheer range of the menu and by its ornate language. But he does notice the background music, Vivaldi's Winter. So it seems that there are still people for whom music (even when, having outlived its copyright, that music is used just to fill in the empty spaces of a merchandised world), is not blurred, nor indifferent, Perhaps my interlocutor remembers how he marvelled upon hearing his first vinyl record or first CD, perhaps precisely The Four Seasons. Admittedly, entertainement has become one of the driving economic forces in the world, but let us not accept that entertainment be served up as a substitute for culture.

Another moment: on a flight between two European airports, here comes a hostess pushing the cart with lunch boxes.  I repress a fond memory (Singapore-Paris by UTA, in the 1970s) upon being given the aluminium tray with warm pasta, a spongey bun, and white plastic fork and knife,  "and with this, what would you like to drink?". Let's settle for red wine. This is the first time ever that, on a flight operated by a European company, I'm given a half bottle with a label which states "Cabernet Sauvignon & Syrah, from China with pride". Under the Chinese character for "qi" (spirit, air), the Chinese text seems a shade less modest than the translation in English. The bottle is a perfect reproduction of its Bordeaux counterpart: same colour glass, same type of label, same red collar. Using a Dutch intermediary, the producer has access to the whole of the EU market, and probably beyond. Quite a success for a Chinese company which probably had the benefit, a dozen years ago, of (free) transfer of some of the best wine-growing technology from one or more European state(s) bordering the Mediterranean...

An emperor forced armoured elephants through an alpine pass, a ruthless master of strategy pushed his troops into the snowstorms of the Lithuanian plains, admirals sank splendid fleets, air strikes reduced proud cities to their primieval chaos, without ever achieving such a result, so tranquil and irreversible: InterCity, with headquarters in the Netherlands, now only offer Chinese wine on their flights. Faced with such a fait accompli, which by the way is neither illegal nor immoral, protectionism just does not work: I simply take note of the fact that trade liberlization has brought about an international reality which is more powerful than military might, more attractive than culture, easier to comprehend than intellectual debate, more ubiquitous than reason. Unless...

Unless a Bach parita (an old recording, say, by Dinu Lipatti, as nobody is likely to look up the rights of his successors), spread by a humble radio receiver, like some revelation, moves some young village lass in Shandong, or some old man in a township on the outskirts of Johannesburg, or a mother in some favella in Rio de Janeiro. Unless, upon his first encounter with the internet, a schoolboy in Kalkota discovers that his pen-pal in Islamabad has very much his own way of livingUnless the sphere of blogs can replicate, in countries which still have a padlocked political system, the same effect produced by the fax machine in the Soviet world, between glasnost and perestroïka. Globalization pursues its forward thrust, without check: what about the globalization of tolerance and compassion, and does the debate of ideas have a future?

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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 08:40

Et alors, me demande-t-on parfois, les blogs au Luxembourg ? Oui, les bloggeuses et les bloggeurs y ont même tenu leurs "états généraux" dans une brasserie à Differdange, le 27 janvier 2007. Leurs sites reflètent la diversité du Grand Duché : le français et l'allemand y sont les langues les plus utilisées, mais on y côtoie aussi le luxembourgeois, le portugais, l'italien, l'espagnol, le néerlandais. Peut-être sous l'effet de cette fréquentation, somme toute naturelle, de la culture de l'autre, les blogs luxembourgeois sont, en moyenne, ouverts et décontractés. Un point vaut d'être relevé : plusieurs bloggeurs, sans renier leurs origines, se considèrent d'emblée comme faisant partie de "Luxembourg et la Grande Région, capitale européenne de la culture 2007".

Et pour commencer, honneur à une bloggeuse. Lola anime (dans son cas, le mot est mérité) deux blogs, l'un sous forme de journal personnel, l'autre consacré à Luxembourg et la Grande Région. "Blog de Lola2luxe", comme tout bon blog personnel, propose l'écho des musiques écoutées, le reflet des images regardées et des livres lus, la couleur du temps qui passe et que l'on souhaite retenir, ne fut-ce qu'un peu, par la manche. Mais méfiez-vous, vous risquez d'y succomber, tant le mélange est captivant. Ces jours-ci, Lola nous apprend qu'elle envisage de créer à l'automne 2007, avec la complicité de Pamy, son amie de Metz, un blog féminin dont elle ne veut pas dévoiler les contours, tout en laissant entrevoir qu'il sera d'esprit "libre et espiègle". Sur un registre tout à fait différent, Lola nous livre ses impressions personnelles sur la première visite au Grand Duché d'un chef de l'Etat russe (23 mai 2007, "Vladimir Poutine débarque au Luxembourg"). L'actualité trouve toujours une place dans ses colonnes, par exemple "Le Président français vu par la presse luxembourgeoise" (7 mai). Si certains blogs intimes sont dénués d'intérêt, Lola livre au contraire sa réflexion avec une sincérité lucide, par exemple sur la mort de son oncle (22 mai, "Lui avez-vous dit "je t'aime" aujourd'hui?"). Enfin, écoutez attentivement le blog de Lola2luxe, car vous pourrez alors entendre, dans le lointain, un jeu de timbales : on connaissait les textes subliminaux sur les écrans, voilà le son subliminal ! "EchoLux" est l'autre versant de l'activité prolifique de Lola, bloggeuse luxembourgeoise. Et comme le promet le sous-titre "L'écho de l'actualité au coeur de l'Europe, Luxembourg et Grande-Région", on y trouve la trace d'événements de portée régionale ou européenne : la remise d'un prix à Jean-Claude Juncker (qui mériterait d'ailleurs de recevoir le prix de la personnalité politique ayant reçu le plus grand nombre de prix...), l'annonce du programme consacré à Vauban en 2007, mais aussi une initiative visant à faire connaître des métiers mal connus, ou à atténuer le trop fort tropisme masculin ou féminin de certaines professions (10 mai, "Initier les métiers atypiques aux jeunes"). Enfin, Lola fournit des liens vers de nombreux autres blogs luxembourgeois, par exemple en portugais "Luxemburgo oficioso".  Pour toutes ces indications pratiques, mais aussi pour les reflets colorés, parfumés et sonores de la vie, merci à Lola de Luxembourg !

Les "Chroniques du Luxembourg" apportent une autre preuve de la vitalité des bloggeurs au Grand Duché. Si le titre laisse penser à l'initiative de quelque conservateur d'archives à la retraite, le sous-titre annonce tout de suite la couleur : "Le travail, les vacances, la maison, la bière, le Grand-Duc et les saucisses. La vie, quoi". L'auteur, un Français résidant au Luxembourg m'a-t-on dit, ne manque pas de verve, pour le bonheur de ses lecteurs. Prenez, par example, les saucisses : ces modestes denrées alimentaires pourraient passer inaperçues, mais l'auteur pose la question cruciale de savoir s'il convient de les piquer avant cuisson ! Ceci n'ayant aucun rapport avec cela, vous pourrez aussi découvrir l'irritation que lui causent les préparatifs de la visite du chef de l'Etat russe (tiens, lui aussi ?). Ou encore, le 9 mai, notre chroniqueur donnait, sous le titre "Train d'enfer", sa relation des encombrements au Grand Duché. Autrefois, pour préparer son voyage au Luxembourg ou pour y séjourner par la pensée, on pouvait feuilleter son "Bedeker"; aujourd'hui, on peut consulter les "Chroniques du Luxembourg".

En luxembourgeois et en allemand, il y a le site de Thorben, "Where cookie monster commits suicide". Le blog de cet étudiant est souvent cité par ses pairs, en raison de l'intérêt de ses commentaires et de la variété des sujets dont il traite. Je l'avais rencontré, avec quelques-un(e)s de ses ami(e)s, lors de la première rencontre des bloggeurs du Luxembourg, à Differdange, où il avait également fait l'objet de plusieurs interviews. Au Grand Duché, où les blogs en allemand ou en luxembourgeois sont moins nombreux que ceux en français, celui de Thorben est assez resprésentatif, à la fois de sa génération et de cette région où les gens sont accoutumés à la communication, non seulement dans sa dimension linguistique, mais aussi par l'ouverture d'esprit. Bonne chance à Thorben !

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Well, readers sometimes ask, what about blogs in Luxembourg? Yes, the Grand Duchy has its bloggers, and they even held their first "assembly" in a brasserie in Differdange (27th of January 2007). Their pages reflect the diversity of Luxembourg: if French and German are predominantly used, one can come across Luxemburgish, Portugese, Italian, Spanish, Dutch. Perhaps of a long tradition of proximity and exchange with the culture of one's neighbour, blogs in Luxembourg are usually open-minded and relaxed. One point is worth noticing: several bloggers, who in no way deny their nationality, consider themselves quite naturally as part of "Luxembourg and the Greater Area, European cultural metropolis for 2007".

And to begin,  let's start with a lady blogger. Lola has two blogs, which she keeps vibrant, one in the form of a personal diary, the other devoted to Luxembourg and the Greater Area. "Blog de Lola2luxe" has the usual ingredients of a diary, with the echo of music she listened to, the shimmering of pictures viewed and of books read, the colour of fleeting moments one would like to hold back by the sleeve, ever so briefly. But beware, you are in danger of falling for her blog, which offers a heady mixture. These days, Lola tells us she is thinking of setting up in the Autumn of 2007, with her friend Pamy from Metz, a "ladies' blog" which she will not further disclose, although she does suggest it will be "open-minded and mischievous". In a different style, Lola gives her personal impressions on the first ever visit of a Russian Head of State to the Grand Duchy (23 May 2007, "Vladimir Poutine arrives in Luxembourg"). Current affairs always find a place in her columns, as when she offers "The French President as seen by the media in Luxembourg" (7 May). Private diary blogs are often of little interest; on the contrary, there is lucid sincerity in the jottings of Lola about the death of an Uncle (22 May, "Today, did you tell him "I love you"?"). Last but not least, you should actually listen to the blog of Lola2luxe, and you can then distinguish, in the distance, the roll of tympani: we're familiar with subliminal texts on screens, but here is subliminal sound! "EchoLux" is the other side of Lola's prolific blogging about Luxembourg. And, true to the subtitle ("Echoes of current affairs in the heart of Europe, Luxembourg and Greater Area"), it is devoted to European or regional events, viz. a prize granted to Jean-Claude Juncker (who, by the way, deserves the prize of the political figure having been awarded the most prizes...), the programme devoted in 2007 to the military architect Vauban, but also an initiative to enhance the visibility of some lesser-known trades, or gender issues in some professions (10 May, "Helping the young choose their profession"). Further, Lola provides links to many other blogs from Luxembourg, e.g. in Portugese "Luxemburgo oficioso".  For all this useful information, as well as for the colourful, scented and musical takes on life, thank you Lola from Luxembourg!

"Chroniques du Luxembourg" (Luxembourg chronicles) is yet another proof of the vitality of blogging in the Grand Duchy. If the title might lead you to think this is the initiative of some retired custodian of archives, the subtitle leaves no place for ambiguity: "Work, holidays, the house, beer, the Grand Duke, saussages. In a word: life". The author is a Frenchman living in Luxembourg, I am told. His wit is contagious, and his readers won't complain. Take saussages, for example: this modest food usually goes unnoticed, but the author brings up the essential question whether they should be poked before cooking! Without any link to the previous item, the author also shares his irritation at preparations for the visit of the Russian Head of State (hmm, he too?). Or this: on 9th of May, our chronicler porposed, under the title "Luxembourg Express" (as you may notice, I'm taking great liberties with translation!), his report on traffic jams in the Grand Duchy. In the old days, in order to prepare a trip to Luxembourg, or to travel there in spirit, one would glance at the "Bedeker"; nowadays, one can consult the "Luxembourg chronicles".

There is also Thorben's blog, in German and Luxemburgish, "Where cookie monster commits suicide". This site, created by a student, is often referenced in peer reviews, because of his interesting comments on a wide range of subjects. I met Thorben, with some of his friends, at the first meeting of bloggers from Luxembourg, in Differdange, and on that occasion he had been interviewed by several media. In the Grand Duchy, where there are less German or Luxemburgish blogs than in French, Thorben is quite representative of his generation and of his region, where people are accustomed to communication, not only in the linguistic sense, but also with an open mind. Good luck, Thorben!

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19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 15:30

A brief visit to Shanghai. The last time I came was 17 years ago: since then, this metropolis has changed beyond recognition. When the plane landed, Pudong airport seemed as large as Francfort or Roissy. Actually, I have the impression that there are now two Shanghais: on the West bank of Huangpu River, the metropolis which gained a reputation between the two world wars, now ressembles Tokyo forty years ago, with city highways on stilts, towers built in a seemingly chaotic fashion, the absence of grace of all these buildings accumulated without any master plan, where style and timing seemed dictated more by speculation than by purpose.  On the East bank, Pudong District, which less than 20 years ago was an expanse of rice paddies and vegetable fields, has a completely different air about it: city planning has set out large avenues,  well desgined parcs, and here, obviously, only people with high revenue find their place, just next to the budding business and financial centre. Shanghai city is like an album of some world trends, three of which are touched upon here.

- Urban development is one of the major trends of our time. Around 1950, only 80 cities (including Shanghai) had a population of more than 1 million; by 2025, their number will probably exceed 500. Together, Chinese cities which already exist, or which remain to be built, will have to absorb in the coming 20 years, some 300 to 400 million people, or roughly the equivalent of the total population of Western Europe today. Within the next generation, half of the world population will most likely be living in urban areas. And it is estimated that "by 2050, one billion people will be living in fifty cities in Asia, each with 20 million and, for some, 30 million inhabitants" (Jacques Attali, "Une brève histoire de l'avenir" p. 198, Fayard, Paris 2006). The historic rift I now perceive between the two banks of Huangpu River is a sign of things to come, and not only in China: on one side, strong economic growth calls for -and enables- long-term planning and financing, daring architecture, amenities at a world level; on the other, the historic constraints of the older and poorer city, the cramped and insufficient infrastructure, but also meagre financial ressources of the State or of local governement in most emerging economies, bring about high-rise buildings in some disorder, where quality of life is still a concept akin to luxury.

The development of great urban centres is generally a sign of geopolitical change. Since the end of World War 2, the dominant metropoles have continuously been New York, London, Paris, Zurich, Los Angeles, Frankfurt, Milano, Rotterdam. In addition to these, over the past half century we have seen the rise of Hongkong, Tokyo, Houston-Dallas, Moscow, Beijing, Rio de Janeiro, Brussels, Singapore, Berlin, Mumbai, Chongqing, Lagos, Abu Dhabi, Dubai, Istanbul, and others. Without taking the place of these latter, some new urban centres are gathering characteristics of future dominant metropoles, and Shanghai seems certain to be one of them. With the coming oil crunch and subsequent higher prices, massive investment could lead to considerable development in some cities of oil-rich states (Dubai is a striking example), but most of these lack an agricultural or industrial hinterland, as well as a sufficiently large domestic market, to ensure durability. With the slow but now unmistakable trend towards a multi-polar world, the pull exerted by the Cold War poles will no doubt weaken in relative terms:  this is already the case with Russia, an energy giant but not (yet?) an overall economic superpower; as for the USA, their role in world finance, transport, trade, and even the power of attraction of their way of life, has now started a downward trend, if looked at worldwide and measured in relative terms. This geopolitical trend will thrust forward the large conurbations which manage to adapt their physical and social infrastructures, as well as their intellectual capacity, rather than only increasing the proportion of contructed areas.

With some delay, perceptions of world trends follow strategic, economic and intellectual  changes. Young people today rely less on their school atlases than on the internet. What can we learn from the Web? Enter  "New York": in 0.19 seconds, Google provides 662 million entries or links; if you type "London", you get 338 million; if you look up Paris, here are 376 million; Luxembourg? 119 million. Now let's look up other large cities, generally less familiar to Europeans and North Americans: Tokyo 147 million, Seoul 36 M, Lagos 21 M, Brasilia and Rio de Janeiro 43 M each. Shanghai?  66 millions entries. Naturally, such figures are not very significant as they only measure entries in a very limited number of languages, with a huge  bonus for English. But I'd be willing to bet that in 5 or 10 years, the number of references to Shanghai will be equivalent to that of New York, London or Paris. Just take an example: already today, the number of buildings with more than 40 storeys is greater in Shanghai than in New York. Is there any connection with the fact that for the European Union, in March 2007 and for the first time in history, trade figures with China overtook those of trade with the USA? Figures regarding the worldwide internet community can also be revealing: today, out of a total of about 1 billion users, ca. 300 million are in North America, roughly the same number in the European Union, but China already has ca. 100 million. Within a decade, these figures could be: a world total of beyond 2 billion, a noticeable increase in North America and Europe, but perhaps more than 500 million in China alone, and a figure approaching that in India.

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Brève visite à Shanghai. Je n'y étais pas revenu depuis 17 ans : dans l'intervalle, cette métropole a changé d'aspect au point d'être méconnaissable. A l'atterrissage, l'aéport de Pudong m'a paru aussi grand que celui de Francfort ou de Roissy. En fait, j'ai l'impression qu'il y a maintenant deux Shanghai : la métropole à l'Ouest de la rivière Huangpu, déjà célèbre dans l'entre-deux-guerres, ressemble désormais à la Tokyo d'il y a quarante ans, avec ses autoroutes urbaines sur pilotis, son foisonnement anarchique de tours, le manque de grâce d'une telle accumulation de constructions sans projet d'ensemble, dont l'agencement et le rythme semblent avoir été dictées par la spéculation, plus que par un quelconque principe. Sur la rive Est, le quartier de Pudong, où s'étalaient il y a moins de vingt ans des rizières et des champs, présente un visage tout à fait différent : l'urbanisme a eu le loisir d'y tracer de larges avenues, les espaces verts sont ordonnés et, visiblement, seuls les revenus élevés y trouvent leur place, dans le prolongement du quartier financier et des affaires. Shanghai me paraît résumer plusieurs évolutions en cours à l'échelle mondiale. Parmi celles-ci, j'en retiens trois :

- L'urbanisation est une des grandes tendances de notre temps. Vers 1950, seules 80 villes (dont Shanghai) avaient plus d'un million d'habitants ; vers 2015, leur nombre dépassera 500. Ensemble, les villes chinoises existantes ou à créer vont devoir absorber, dans les 20 ans à venir, 300 à 400 millions personnes, soit l'équivalent de la population actuelle de l'Europe occidentale. Dans une génération, la moitié de la population mondiale vivra probablement en milieu urbain, et l'on estime qu' "en 2050, un milliard d'habitants vivront dans cinquante villes d'Asie, chacune comptant plus de 20 millions d'habitants voire, pour certaines, plus de 30 millions" (Jacques Attali, "Une brève histoire de l'avenir" page 198, chez Fayard, Paris 2006). Le clivage que je constate entre les deux rives du Huangpu résume l'enjeu de l'urbanisation à venir, et pas seulement en Chine : ici, la forte croissance économique appelle une planification et des moyens à long terme, une architecture hardie, des aménagements du meilleur niveau mondial ; là, le plan cadastral existant des villes pauvres et plus anciennes, l'exiguïté et l'insuffisance des infrastructures, la maigreur des ressources financières de l'Etat ou des collectivités territoriales dans les pays émergents, ont abouti à une densification de la construction, et le concept de qualité de vie se confond encore avec l'idée de luxe. 

L'évolution rapide des grands centres urbains est généralement le reflet de changements géopolitiques. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les métropoles dominantes n'ont cessé d'être New York, Londres, Paris, Zurich, Los Angeles, Francfort, Milan, Rotterdam. A celles-ci se sont ajoutées, en moins de 50 ans, Hongkong, Tokyo, Houston-Dallas, Moscou, Beijing, Rio de Janeiro, Bruxelles, Singapour, Berlin, Mumbai, Chongqing, Lagos, Abu Dhabi, Dubai, Istanbul, d'autres encore. Sans forcément remettre toutes celles-ci en cause, d'autres centres urbains ont le potentiel de devenir de nouvelles métropoles dominantes, et Shanghai me paraît être du nombre. Avec la raréfaction et le renchérissement annoncés des produits pétroliers, une frénésie d'investissements pousse à un développement considérable de quelques villes dans les Etats pétrolifères (Dubai en est un exemple frappant), mais pour perdurer il leur manque souvent l'arrière-pays agricole et industriel, ainsi qu'un marché intérieur de taille suffisante. A mesure que se mettra en place une réalité multipolaire, déjà patente, le rôle des références de la Guerre Froide pourrait décliner en termes relatifs : c'est déjà le cas de la Russie, superpuissance énergétique mais pas (encore ?) économique ; quant aux Etats Unis d'Amérique, leur rôle dans la finance internationale, le transport, le commerce, et même le pouvoir d'attraction de leur mode de vie, sont moindres à l'échelle mondiale, en termes relatifs. Cette diversification mettra en avant les métropoles qui sauront faire évoluer leurs infrastructures physiques et sociales, ainsi que leur potentiel intellectuel, et pas seulement le nombre de mètres carrés bâtis dont elles disposent.

- Avec un décalage inévitable, la perception du monde contemporain suivra la réalité des ajustements stratégiques, économiques et intellectuels. Les jeunes d'aujourd'hui consultent moins leur atlas géographique scolaire que l'internet. Que découvre-t-on sur la Toile ? Entrez "New York" : en 19 centièmes de seconde, Google propose 662 millions d'entrées ou de liens ; si vous tapez "Londres", on vous en propose 338 millions ; pour Paris, en voici 376 millions ; Luxembourg ? 119 millions. Maintenant, cherchons d'autres métropoles, généralement moins connues des Européens et des Nord-Américains: Tokyo 147 millions, Séoul 36 M, Lagos 21 M, Brasilia et Rio de Janeiro 43 M chacune. Shanghai ?  66 millions. Bien entendu, un tel décompte n'est pas significatif, dans la mesure où il ne recense que les entrées en certaines langues, avec une surprime considérable à l'anglais. Mais je suis prêt à parier que dans 5 ou 10 ans, le nombre de références à Shanghai sera du même ordre de grandeur que pour New York, Londres ou Paris. Une donnée frappante : aujourd'hui, Shanghai possède un plus grand nombre de tours de plus de 40 étages que New York. Y a-t-il un rapport quelconque avec le fait que, pour la première fois en mars 2007, pour l'Union européenne, le commerce avec la Chine a dépassé celui avec les Etats Unis d'Amérique ? Les chiffres concernant l'internet sont également révélateurs : aujourd'hui, sur un total mondial d'environ 1 milliard d'usagers, quelque 300 millions se trouvent en Amérique du Nord, et l'on cite le même ordre de grandeur pour l'UE, mais ils seraient déjà environ 100 millions en Chine. D'ici une dizaine d'années, le nombre total pourrait atteindre 2 milliards, avec une croissance sensible en Amérique du Nord et en Europe, mais aussi avec plus de 500 millions dans la seule Chine, et un nombre équivalent en Inde.

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12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 09:38

Imagine a Frenchman located in Luxembourg finding an interesting Indonesian blog thanks to a link provided by a Korean online news outlet. Well, this is how I found out about Maria Margaretta Vivijanti, a "citizen journalist" with OhMyNews International. In her latest article entitled "Your Wiki in your own words", Ms. Vivjanti gives a glimpse at the way she was introduced to blogging, and her appraisal of the process by which people contribute to a community network. As a trained journalist, she obviously enjoys writing in a clear, informative way; she also makes a point of bringing to the blogosphere "input from a developing country". She shows how the proximity of blogging has made informal journalism a reality in her country. Her article also provides links to journalists, writers and bloggers, many from Indonesia.

Last week, in a more personal, introspective mode, Ms. Vivijanti posted a piece entitled "Blogging makes me more human", also at OhMyNews International. She speaks of the influence some authors had on her youth, the urge to write, the topics she finds interesting. And besides sending articles to online news outlets, Ms. Vivijanti keeps her own blog (I use the verb "to keep", because she approaches this with the same candour as in "keeping a diary"), "Fruit of the pen", "Buah pena" in bahasa indonesia.

But unless I missed part of the narrative, there also seems to be a touch of mystery: the articles at OhMyNews International I've just referred to are signed "Maria Margaretta Vivijanti", and yet when looking up her own blog "Fruit of the pen", one is directed to the personal profile of "Retty N, Hakim, aged 39, Female, from Serpong, Tangerang, Indonesia". So is "Maria Margaretta Vivijanti" a pen name? And since we're looking at Indonesia, I wonder if any reader would care to check that the greeting in bahasa I placed in the masthead of my blog, is correct? If you care to leave a comment, please click below on "ajouter un commentaire". Or return to Serenidee homepage.

Imaginez un Français habitant au Luxembourg qui trouve un blog indonésien intéressant grâce à un lien fourni par un média électronique coréen. C'est précisément ce qui m'a permis de connaître l'existence de Maria Margaretta Vivijanti, "journaliste citoyenne" chez OhMyNews International. Dans son dernier article intitulé "Your Wiki in your own words", M. M. Vivjanti indique comment elle est venue au blogging, et elle donne son avis sur le processus par lequel le public aide à tisser un réseau communautaire. Journaliste, elle prend visiblement plaisir à écrire d'une manière claire et avisée ; il lui tient aussi à coeur d'apporter à la blogosphère une "contribution en provenance d'un pays en développement". Elle explique comment cette forme d'écriture de proximité a permis l'émergence du journalisme informel dans son pays. Son article fournit également des liens vers des journalistes, des écrivains et des bloggeurs, surtout d'Indonésie.

 

La semaine dernière, sur un ton plus personnel et introspectif, M. M. Vivijanti proposait un bref article intitulé "Blogging makes me more human", également chez OhMyNews International. Elle y évoque l'influence que certains auteurs exercèrent sur sa jeunesse, son envie d'écrire, les sujets qui l'intéressent. Outre ses contributions aux médias électroniques, M. M. Vivijanti "tient" son propre blog (j'ai recours au verbe "tenir", car elle y met la candeur qu'il faut pour "tenir un journal intime"), "Fruit of the pen", "Buah pena" en bahasa Indonesia.

 

Mais, sauf si j'ai manqué une séquence de sa narration, il semble y avoir aussi une pointe de mystère: ses articles chez OhMyNews International auxquels j'ai fait allusion sont signés "Maria Margaretta Vivijanti", et pourtant, en parcourant son blog "Fruit of the pen", le lecteur est dirigé vers le c.v. de "Retty N, Hakim, femme de 39 ans, de Serpong, Tangerang, Indonésie". La question se pose donc : "Maria Margaretta Vivijanti" serait-il un nom de plume ? Et puisqu'il s'agit de l'Indonésie, y aurait-il quelque lecteur ou lectrice pour me dire si le mot de bienvenue en bahasa Indonesia  qui figure dans le bandeau d'accueil de mon blog, est exact ? Si vous souhaitez donner votre avis, veuillez cliquer ci-dessous sur "ajouter un commentaire". Or retour à la  page d'accueil de Serenidee.

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7 mai 2007 1 07 /05 /mai /2007 07:03

L'élection présidentielle de 2007 a favorisé l'émergence d'une nouvelle réalité en France : les citoyens ont redécouvert la portée de leur vote, les partis ont compris que les consignes aux électeurs ne sauraient dispenser d'un programme politique, les grands médias ont perçu que l'internet les a rejoints dans l'exercice du quatrième pouvoir. A chaud, voici quelques enseignements et les tendances qui me semblent s'annoncer :

- Le taux de participation à l'élection présidentielle, le plus élevé depuis plus de trente ans (environ 85% sur les deux tours), indique que la politique, lorsqu'elle autorise un vrai choix, n'est pas objet de mépris. Je pense que, portés par les enseignements de l'élection présidentielle, les électeurs demeureront mobilisés pour choisir leurs futurs députés (législatives les 10 et 17 juin 2007).

- Les consignes de vote émises par certains partis pour le second tour n'ont guère été suivies. Les votes obtenus par François Bayrou le 22 avril se sont reportés autant au profit de Nicolas Sarkozy que de Ségolène Royal, contrairement aux projections des instituts de sondage et malgré la "suggestion de vote" de Bayrou lui-même peu avant le second tour. Même si Jean-Marie Le Pen a préconisé l'abstention, au deuxième tour ses voix sont allées massivement vers Sarkozy. Et s'il est vrai que les éléments de "la gauche" se sont soudés autour de Royal le 6 mai, le résultat du scrutin met cruellement en évidence leur absence de cohésion, c'est-à-dire l'inexistence d'un projet commun.

- Les extrêmes ne font plus recette: le Parti communiste est au point le plus bas de son histoire (moins de 2%, contre presque 20% il y a une trentaine d'années) ; même s'il recule de manière moins spectaculaire que le PC, le Front national est en crise (moins de 10%, contre un cinquième de l'électorat en 2002 au premier tour) ; et l'ensemble des partis qui se positionnent à "gauche" du PS ne représentent plus, ensemble, que moins de 10%.

- Une ambiguïté reste toutefois à lever : la sensibilité écologique se situe-t-elle forcément "à gauche" ? Si Sarkozy respecte son engagement en faisant une place importante aux questions de développement durable dans le programme du futur gouvernement, le positionnement de l'électorat écologique pourrait s'en trouver modifié, peut-être même durablement. Un tel bouleversement, s'il venait à se produire, serait alors un révélateur de problèmes profonds non seulement dans l'actuelle diaspora verte, mais aussi au PS.

- Les élections législatives de juin 2007 pourraient marquer, non pas un retour à la cohabitation, mais le début d'une coalition composite entre l'exécutif et le législatif. Je dois d'ailleurs reconnaître que mon analyse au lendemain du premier tour de la présidentielle n'est probablement plus valable : je prévoyais alors que le futur Président, Royal ou Sarkozy, allait faire face à une majorité contraire à l'Assemblée nationale car, disais-je, l'électeur serait tenté de compenser ou corriger son choix présidentiel. Aujourd'hui, il me semble que le Président Sarkozy pourrait disposer d'un fort soutien, voire même d'une majorité diverse mais réelle, dans la future Assemblée nationale. L'électorat de Bayrou se trouve donc dans une situation paradoxale : tandis que Bayrou lui-même a marqué sa défiance à l'égard de Sarkozy, les élus de l'UDF se sont presque tous ralliés au nouveau Président. Dans ces conditions, le pari de Bayrou d'entrer en force à l'Assemblée nationale avec un "Mouvement démocratique" n'est peut-être plus à sa portée, auquel cas il devra se contenter de reconstituer -non sans mal- un effectif parlementaire sur le modèle de l'UDF sortante. A ce stade, le pouvoir d'attraction de Bayrou et de son nouveau parti demeure inconnu, et s'annonce en tout cas moins fort que le soutien dont il a bénéficié au premier tour de la présidentielle.

- Enfin, le regard porté sur cette nouvelle France depuis l'extérieur ne manque pas d'intérêt. De nombreux commentateurs étrangers estiment que la "diabolisation" de Sarkozy a discrédité les inspirateurs de cette tactique plus qu'elle n'a nui au candidat de l'UMP ; que le PS, n'ayant pas su ou n'ayant pas osé mettre en échec son conservatisme idéologique (incarné par Laurent Fabius et Jean-Pierre Chevènement) et faute d'avoir accepté un réel aggiornamento (proposé tardivement par Dominique Strauss-Kahn, Michel Rocard et Bernard Kouchner), peut difficilement prétendre incarner la modernité politique ; enfin, que la France est peut-être sur le point de rejoindre les Etats membres de l'Union européenne où gouverner par coalition n'est pas forcément une faute morale, ni la garantie d'un déclin économique et social.

Si vous souhaitez donner votre avis, veuillez cliquer ci-après (à la fin de la version en anglais du présent article) sur "ajouter un commentaire". Ou retour à la page d'accueil de Serenidee.

With the just-completed presidential election, a new reality has emerged in France: voters have become aware that their choices carry weight, political parties that their guidance to voters cannot replace a credible political platform, and the mainstream media that internet has now joined them in exercising the fourth power. Just one day after this election, here are some lessons learned, as well as a few tendencies I detect.

- Voter turnout at this presidential election, the highest in more than 30 years  (about 85% in both rounds), is a clear indication that when a real choicie is available, politics are not despised. As I see it, voters will remain motivated all the way to the parliamentary elections (10 & 17 June 2007).

- Advice given by certain political parties to their voters for the second round were not widely followed. The behaviour suggested by François Bayrou, shortly before the second round, was not followed by those who had voted for him in the first round, as they finally were just as many in favour of Nicolas Sarkozy as of Ségolène Royal, thus contradicting opinion polls. Whereas Jean-Marie Le Pen called for abstention in the second round, his voters migrated massively to Sarkozy's side. And although it is true that the components of "the Left" finally coalesced around Royal,  the outcome is a clear ilustration of their lack of cohesiveness, i.e. their lack of a common agenda.

- The political extremes have lost their power of attraction: the Communist Party has reached the lowest point in its history (less than 2%, against almost 20% about 30 years ago); even if its losses are less spectacular than those of the Communists, the National Front has entered a crisis (under 10%, as opposed to about one fifth of total ballots in the first round in 2002); and together, all the parties positionned on the left of the Socialist Party weigh less than 10%.

One ambiguity remains: is the environtment constituency necessarily anchored on the Left? If Sarkozy abides by his promise to make sustainable development a priority for the next government, the way "green" voters poisition themselves might undergo a big, perhaps even a long-lasting change. Such a major shift, if confirmed, would reveal the deep problems not only of the green diaspora, but also within the Socialist Party.

The coming parliamentary elections  could herald a composite coalition between the executive and legislative branches, rather than a phase of "cohabitation". By the way, I must admit that my analysis just after the first round of the presidential election has probably lost its validity: I had imagined that the next President, whether Royal or Sarkozy, would have to face a hostile majority in the National Assembly because voters would be tempted to compensate for, or correct, their choice for President. Today, my impression is that President Sarkozy could muster strong support in the National Assembly, perhaps even a majority, whatever its components. Bayrou voters are now in a paradoxical situation: whereas Bayrou himself has voiced reluctance at siding with Sarkozy, the parliamentarians from UDF (of which he was president) have almost all rallied around the new President. As a result, Bayrou may no longer be in a position to help his "Democratic Movement" gain a sizable respresentation in the National Assembly, in which case he would have to settle for approximately the number of UDF members who are there today. At this stage, the attraction of Bayrou and of his party remains unknwon, but it is probably weaker than in the first round of the presidential election.

To conclude, France is now perceived in several interesting ways. Many foreign commentators consider that the "diabolizing" of Sarkozy has brought discredit upon the proponents of this tactic, rather than weakening the candidate of the UMP Party; that the Socialist Party, because it failed -or refused- to seriously question its ideological conservatism (represented by Laurent Fabius and Jean-Pierre Chevènement) and also because it rejected a true aggiornamento (tardily suggested by Dominique Strauss-Kahn, Michel Rocard and Bernard Kouchner), is now at pains to appear as the standard-bearer of modern political mores; and finally, that France could well be on the verge of joining other European Union member states where government by coalition is neither a moral fault, nor the inescapable route to economic and social decline.

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2 mai 2007 3 02 /05 /mai /2007 18:51
Les nouvelles d'Estonie ont surpris la plupart des observateurs, tant l'image du succès économique s'est imposée depuis que ce pays a recouvré son indépendance. Ceux qui y ont vécu et travaillé, ont évidemment conscience d'une situation complexe et difficile, héritée de la période soviétique : une proportion non négligeable de la population, de langue et de culture russes, n'est pas intégrée dans la réalité contemporaine de l'Estonie. On en connaît les raisons, et on a maintes fois entendu les reproches que se font, réciproquement, estophones et russophones. On pensait que le très fort taux de croissance économique pouvait atténuer ces différences, ces conflits latents.

Mon but aujourd'hui n'est pas de procéder à une analyse exhaustive de ces raisons historiques, ni de porter un jugement sur les arguments des uns et des autres (le cas échéant, j'y reviendrai). Poursuivant mon tour du monde des blogs intéressants, et compte tenu de l'actualité estonienne, je propose quelques liens vers des blogs qui ont pour principal sujet l'Estonie (on voudra bien se souvenir à ce propos que je me suis fixé comme règle de ne pas proposer de liens vers des blogs officiels). Un blog domicilié à Tartu (la deuxième ville du pays après Tallinn) présente avec candeur les vues d'un jeune homme qui analyse à la fois le sentiment  de ses compatriotes de langue estonienne, la position du gouvernement à Tallinn, l'attitude des russophones, et le comportement des autorités de la Fédération de Russie : cliquez ici pour rendre visite à "Flasher_T". Un autre bloggeur rend compte d'incidents dans lesquels l'Ambassadrice d'Estonie à Moscou, mais aussi l'Ambassadeur de Suède en Russie, ont été pris à partie dans la capitale russe (cliquez ici pour voir "Itching for Estimaa" dont le sous-titre est -excusez du peu- "un blog sur le seul pays nordique post-communiste"). Enfin, "Bonjour l'Estonie / Hello Estonia / Tere Estimaa" est un blog créé par Shaan, qui habite actuellement à Tallinn (cliquez ici). Si vous souhaitez donner votre avis, cliquez ci-après (sous la version en anglais du présent article) sur "ajouter un commentaire". Ou retour à la page d'accueil de Serenidee.

Recent news from Estonia has been a surprise for most observers, more accustomed to the exceptional economic growth of this country since it regained its independence.  Those who have lived and worked in Estonia are naturally aware of the complex and difficult situation carried over from the Soviet period: a non negligeable proportion of the population, of Russian language and culture, is not an integral part of the contemporary reality of the country. We are aware of the reasons for this state of affairs, and have often heard the mutual criticism voiced by Estonian-speakers and Russian-speakers. It was thought that the high rate of economic growth could diminish these differences, and weaken potential strife.


My purpose today is not to give a thorough analysis of these historic reasons, nor to pass judgement on the arguments put forward by various parties (although I may come back to the analysis at a later date). Pursuing my world tour of interesting blogs, and because that country is very much in the news these days, I've put together a few links to blogs which deal mainly with Estonia (readers will remember my self-imposed rule not to provide links to any official blogs).  A blog in Tartu (the second-largest city, after Tallinn) is home to a young man who gives a candid view of recent events, on the attitude of his fellow countrymen who speak Estonian, on the position of his government, on the attitude of Russian-speakers in the country, as well as on action by the authorities of the Russian Federation: click here to view "Flasher_T". Another blogger relates incidents in which the Ambassador of Estonia in Moscou, as well as the Ambassador of Sweden to Russia, were badly treated (click here to view "Itching for Eestimaa", a blog with the ambitious sub-title of "A blog about the only post-communist northern country"). And finally, "Bonjour l'Estonie / hello Estonia / tere Eestimaa" is a blog created by Shaan, an expatriate living in Tallinn (click here). If you care to comment, please click below on "ajouter un commentaire".
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2 mai 2007 3 02 /05 /mai /2007 06:58

Bloggers in Russia use mainly the Russian language, which is utterly normal, but unfortunately this limits my access to and appreciation of blogs in the Federation. As far as English-language blogs are concerned, I'm struck by the fact that so many of them are, and profess to be, mainly technology-oriented, and very much about using the internet. This fascination with modern devices and software is understandable on the part of people who, as adults already during the Soviet period, felt frustrated at not having access to what was commonplace in many non-communist countries. But it seems that age is hardly a factor, and that young and old are now eager to identify with systems and procedures, with products and styles which, in their minds, are the icons of modern life.

One of the more general-purpose sites is Siberian Light, which terms itself "a blog about Russia and the Former Soviet Union", by Andy Young, who has lived and studied in Irkutsk. I have not made out whether Mr. Young and his blog are located in Russia, or elsewhere, but their coverage of things Russian is broad, well informed, and seems to attract a sizeable amount of comments.

If you are familiar with any blogs operating from Russia, in English or French, I'd be grateful if you would give your comments below (after the French version of this short article, click on "ajouter un commentaire"). Or return to Serenidee homepage.

Les bloggeurs en Russie utilisent essentiellement le russe, ce qui tout à fait normal, mais de ce fait mon accès aux blogs russes, et ma capacité à les apprécier, s'en trouve très restreints. S'agissant des blogs en langue anglaise traitant de la Russie, je suis frappé de constater que bon nombre d'entre eux se consacrent à des sujets technologiques, notamment liés à l'internet. Cette fascination pour les appareils modernes et les logiciels est compréhensible de la part de ceux qui, déjà adultes à l'époque soviétique, se sentaient frustrés de ne pouvoir accéder à des biens et produits courants dans bien des pays non-communistes. Mais de nos jours, l'age n'est plus un facteur déterminant, les jeunes comme les plus agés voulant s'identifier avec des systèmes, des procédures, des produits et des styles qui, dans leur esprit, sont emblématiques de la vie moderne.

L'un des sites généralistes s'intitule "Siberian Light" (Lumière de Sibérie) qui se proclame "blog sur la Russie et l'ancienne Union soviétique" par Andy Young, qui a étudié et travaillé à Irkutsk. J'ignore si M. Young et son blog sont encore en Russie, mais la couverture des questions russes est assurée dans un large spectre, et elle attire un assez grand nombre de commentaires.

Si vous connaissez des blogs diffusés depuis la Russie, je vous serais reconnaissant de bien vouloir les signaler ci-dessous (cliquez sur "ajouter un commentaire"). Ou retour à la page d'accueil de Serenidee.

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30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 10:06

Depuis longtemps je souhaitais mettre à l'honneur un pays ou une personnalité du continent africain, mais je n'en connais pas personnellement. Voici quelques portails africains, avec des liens vers des bloggeurs individuels : Pointblog.com (en français), AllAfrica.com (en anglais), Afrikablog (en anglais), ou encore DigitalAfrica (en anglais).

En visitant ces sites on constate que le nombre de bloggeurs africains vivant en Afrique paraît faible, et que le "fossé numérique" affecte en effet le continent africain plus que les autres parties du monde. Ayant participé à deux rencontres internationales consacrées à l'internet (Forum sur la gouvernance de l'internet à Athènes en septembre 2006 ; EGENI à Paris en mars 2007), j'ai pris conscience de quelques caractéristiques du réseau mondial : aujourd'hui, le milliard d'usagers de l'internet se répartit surtout entre l'Amérique du Nord (environ 200 millions ?), les Etats-membres de l'Union européenne (250 M ?), et déjà la Chine (120 M). Sur l'ensemble du continent africain, il n'y aurait que quelques centaines de milliers d'internautes. Les projections laissent entrevoir des inégalités persistantes : d'ici 10 à 20 ans, le nombre total d'internautes devrait passer à 2 milliards, dont au moins 500 millions de Chinois, mais le nombre d'Africains n'augmenterait que dans de faibles proportions.

Si vous connaissez des blogs africains susceptibles de retenir l'attention, je vous serais reconnaissant de les signaler (cliquez sur "ajouter un commentaire", ci-dessous, après la version en anglais du présent article). Ou retour à la page d'accueil de Serenidee.

 

Today, I've chosen to provide links to portals, rather than to an individual blog. For some time now, I've been wanting to honour an African country or individual, but I do not know any personally. So here are some links to portals which provide lists of African bloggers : Pointblog.com (in French), AllAfrica.com (in English), Afrikablog (in English), and  DigitalAfrica (in English).

A brief visit to these sites makes it obvious that the number African bloggers living in Africa is limited, and that the "digital divide" is indeed more severe in Africa than in other parts of the world. Having attended two international fora on the internet (Internet Governance Forum in Athens, September 2006; EGENI in Paris, March 2007), I became aware of the characteristics of the world-wide web: today, with an estimated total of ca. 1 billion users, distribution is quite uneven between North America (ca. 200 million?), the member states of the European Union (ca. 250 million?), and already China (120 million). It seems that the entire African continent has only a few hundred thousand internet users. And forecasts seem to extend these differences: in the coming 10 to 20 years, the total number of internet users is expected to rise to about 2 billion, of which at least 500 million Chinese, but the number of Africans is expected to increase in much more modest proportions.

If you are familiar with any African blogs which you consider worthwhile, please make them known by clicking below on "ajouter un commentaire". Or return to Serenidee homepage.

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30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 07:15

Une Française, un Irlandais et leur fille canadienne ont leur blog, créé à Vancouver en 2004. C'est aéré, rafraîchissant, bilingue (en français et en anglais). On y trouve des impressions de voyage, les réflexions d'une citoyenne s'apprêtant à voter à l'élection présidentielle française, des notes de lecture, un retour à Dublin, des photos de vacances... Ce blog me paraît assez représentatif d'un phénomène de notre temps, celui d'une famille dont les membres, tout en conservant leurs racines (en l'occurence en France et en Irlande) doivent apprendre à se sentir à l'aise un peu partout. La corvée du déménagement peut alors ressembler à un rite de passage, remplaçant en quelque sorte le franchissement de frontière qui, de nos jours, a beaucoup perdu de sa valeur symbolique. Fabienne, Nigel et Molly nous font part de quelques moments de leur vie sur Fabienne & Co.

A Frenchwoman, an Irishman and their Canadian daughter launched their blog in Vancouver in 2004. It's uncluttered, refreshing, bilingual (in English and French). It offers travel notes, thoughts of a citizen preparing to vote in the French presidential election, reading notes, a return to Dublin, holiday photos... This blog strikes me as being quite representative of a contemporary trend in which members of a family, with roots in various places (in this case, France and Ireland), have to learn to feel at home anywhere in the world. When that is the case, the chore of moving house can become a rite of passage, replacing the crossing of borders which, nowadays, has somewhat lost its symbolism. Fabienne, Nigel and Molly offer glimpses of their life on Fabienne & Co.

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