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  • Membre/Member, NTIA IANA Functions' Stewardship Transition Coordination Group (2014~2016); Membre/Member, NetMundial Initiative Coordination Council (déc. 2014~2016); ICANN/ALAC (2010~14); ICANN Board (2007-10); diplomat(e) (1971-2005); ambassadeur/dor (1995-2005). Gouvernance; défis globaux / Governance; global challenges.
  • Membre/Member, NTIA IANA Functions' Stewardship Transition Coordination Group (2014~2016); Membre/Member, NetMundial Initiative Coordination Council (déc. 2014~2016); ICANN/ALAC (2010~14); ICANN Board (2007-10); diplomat(e) (1971-2005); ambassadeur/dor (1995-2005). Gouvernance; défis globaux / Governance; global challenges.

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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 13:57


Chère Juliette,

dès hier, j'espérais mettre en ligne des photos du "Relais pour la Vie" qui vient de se dérouler à Luxembourg, mais il y a eu un problème lors du chargement des images de l'appareil de photo vers l'ordinateur : tout en cherchant une solution technique, je souhaite ajouter quelques lignes sans tarder.

Dimanche 13 avril, vers 17 heures, les coureurs et marcheurs ont été priés de quitter la piste, afin de faire place à la "cérémonie des bougies". Il faut imaginer cet immense stade couvert, les projecteurs qui s'éteignent, et le spectacle de ces milliers de sacs en papier, chacun éclairé de l'intérieur par une bougie allumée en souvenir d'une personne disparue à la suite de la maladie. Rappel triste, rappel poignant, évidemment. Mais aussi, message de solidarité de milliers de personnes, message d'espoir à ceux qui sont actuellement en traitement.

Parmi les moments forts de cette journée, je voudrais notamment t'en faire partager deux.

D'abord, dans la pénombre où luisaient ces milliers de bougies, Maria Teresa, Grande Duchesse du Luxembourg, a lu son message :

"J'ai allumé cette bougie pour te dire
que la vie est comme cette petite flamme,
forte et rayonnant de chaleur et de lumière,
même si elle vacille parfois sous le poids de la maladie.

J'ai allumé cette bougie pour qu'elle te dise
ce que l'émotion m'empêche parfois d'exprimer
que ton amour et ta présence,
surtout depuis que tu es malade,
te rendent encore plus cher à mon coeur
et me rendent plus forte et peut-être meilleure.

J'ai allumé cette bougie parce qu'ensemble
nous sommes plus forts face aux épreuves de la vie
et qu'un monde plus fraternel n'est pas qu'un rêve".

Autre moment fort : éclairé par un projecteur et entouré de ces milliers de bougies, l'ami André Mergenthaler, a improvisé, pendant quelques minutes, sur son violoncelle, une mélodie inspirée d'une partita de Jean-Sébastien Bach.

Tu souhaiteras peut-être lire le bref compte rendu de ces deux journées au Luxembourg, en cliquant ici. Et pour voir comment le "Relais pour la Vie"  est organisé dans de nombreux autres pays, il te suffit de cliquer ici.

En attendant de trouver le moyen de récupérer les photos pour les mettre en ligne, je te souhaite une bonne journée.

Jean-Jacques.

 

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 12:28

Chère Juliette,

 

comme tu n’as pas encore eu l’occasion de visiter le Luxembourg, j’ai pensé t’envoyer ces quelques lignes. Je sais que ton traitement est long et fatigant. Tes parents me disent que tu as accès à l’Internet : « surfer » est un moyen de se promener dans le monde sans subir des heures d’attente dans les aéroports. Si l’Internet est un véhicule merveilleux pour se déplacer à la vitesse de l’éclair, il permet aussi de connaître la façon dont les gens vivent ailleurs, de comprendre leurs peines et leurs espoirs.


Si tu le veux, tu peux lire une courte présentation sur le Luxembourg ici ou ici. Voici une photo prise par moi dans le "Grund", la partie de la ville qui borde l'Alzette :

 


Ici au Luxembourg, se déroule en ce moment un événement important, le Relais pour la Vie. Pour voir de quoi il s’agit, tu n’as qu’à cliquer ici.  Hier soir, à la cérémonie d’ouverture, il y avait plus de 1500 personnes, chiffre élevé dans un pays dont la population totale n’atteint pas cinq cent mille.

 

Des gens de tout âge se sont engagés dans ce Relais pour la Vie. Certains courent, d’autres marchent, mais tous participent. Hier, nous avons entendu quatre personnes apporter leur témoignage, chacune disant en quelques phrases comment elle vivait avec sa maladie, et combien il est important de pouvoir en parler pour mieux comprendre et mieux faire face. Ce dimanche après-midi, comme des centaines d'autres personnes, je serai sur la piste, et je penserai à toi.

 

Demain, j’espère mettre sur ce blog quelques photos de ce Relais pour la Vie 2008.

 

En attendant, je te souhaite une bonne journée, et une bonne visite sur l’Internet !

 

Jean-Jacques.

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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 12:07

 

« Financial turmoil », comment by Pierre de l’Oratoire.

 

Pierre de l’Oratoire (pseudonym), who has already been a guest writer on this blog, sent me the following contribution to the debate initiated with “Financial turmoil”.

 

Hello JJS,

here are a few points I wanted to make about your article (from which I’ve extracted the relevant quotes).

 

“Starting in 2005, the proportion of US citizens holding US bonds and similar values had fallen to an all-time low of about 5%...”

 

I don’t have the statistics in front of me, but it would be interesting to check when was the last time that another low had been reached, at what point in the economic cycle, and to what political situation this was correlated.

 

But from this factual information, one could also draw, if not completely opposite, at least different conclusions. For instance, the very low figure you refer to could indicate that savings by individuals and families

 

- have dwindled (and continue to fall), because US citizens are ever deeper in debt;

 

- are being placed elsewhere, such as stocks and derivatives; that, at the same time, families have “invested” in acquiring or improving their housing (e.g. greater trend towards house ownership, subprime crisis), as well as in retrieving mortgage (borrowing more, which means spending more);

 

In general terms, as in the case of the USA, indebtedness can also be seen as a sign of confidence in the future, rather than as “the lack of trust that US citizens (have) in their national economic (and political?) system”.

 

The same could be said about investments (or speculation, if you prefer) in stocks, on the increase, which may mean “I am confident in the future of my country’s enterprises, I have faith in capitalism, so I don’t wish to / have any reason to buy Treasury bonds”.

 

3/ The issuance of Treasury bonds has greatly increased (rising budget deficits + volume growth of the economy), and far more than population increase or savings: so, even in simply arithmetic terms, and all other parameters being equal, the proportion of Treasury bonds held by private persons is decreasing, and it is not possible to draw any other conclusions from this (nota bene: it would be interesting to have the figures in numbers, not in percentage).

 

As for decoupling, I have 2 comments:

 

1/ the example of Singapore does not seem pertinent: a small country, like a small boat, can more easily change its course than a larger one, and this remark applies all the more to Singapore which, as we know, has a long tradition of government involvement in the economy.

 

2/ The world “financialisation” (predominance of financial factors), brought to light by the Subprime crisis, is impervious to the changes in economic relations which you mention (i.e. currents of foreign trade and their relative movement): in fact, “financialisation” happens by some strange (and irresistible?) capillarity which has more to do with the thirst for profit on the part of a great number of diverse (and widely distributed) economic actors, than with the real economy. As a consequence, we see the weakening of banks in one or another country, credit crunch, slowing of the economy or even recession – all of this regardless of decoupling!

 

In this respect, there is still hope, as smart thinking still has a place, as can be seen in the original situation of Spain (compared with France, Germany, the UK…) : it is the Central Bank of Spain which, through appropriate technical measures, has all but banned Spanish banks from holding such products (CDOs…) with inbuilt Subprime credits. Thanks to this, Spain and its banking system remain virtually unaffected by the Subprime crisis – but it is true they have their own huge problems in the property area: it could therefore be said that, in the end, it’s better to be saddled with a national problem, over which one retains some capacity for action, rather than with problems imported unwittingly, on which one can have little effect.

 

If you wish to give your views, please click below, after the French version, on “ajouter un commentaire”. Or return to the Serenidee homepage.

 

 

 

« Désordre financier », un commentaire de Pierre de l’Oratoire.

 

Pierre de l’Oratoire (pseudonyme), qui a déjà été invite sur ce blog, m’a envoyé sa contribution au débat lance par l’article “Désordre financier”.

 

Bonjour JJS,

voici quelques remarques que je souhaitais faire à propos de votre article (dont je cite quelques extraits).

 

"A partir de 2005, la proportion de citoyens des Etats-Unis détenteurs de bons du trésor et valeurs assimilées de leur pays, est tombée au niveau historique le plus bas, environ 5%".

 

Je n'ai pas devant moi l'historique en question; il serait intéressant de voir quand il y eut le précédent minimum, à quelle phase du cycle économique, à quelles conjonctions politiques cela a correspondu.

 

Mais on peut aussi tirer de ce constat des conclusions sinon opposées, à tout le moins divergentes. Ce chiffre signifie aussi, par exemple, que l'épargne des ménages

 

1/ a diminué (continue à diminuer), les citoyens des Etats-Unis continuant de s'endetter;

 

2/ l'épargne des ménages s'oriente sur d'autres supports: par exemple la bourse et ses produits dérivés; tandis que parallèlement les ménages ont "investi" dans leur logement: achat (cf l'accession accrue à la propriété ... et la crise des « subprimes ») et les recharges d'hypothèques (pour emprunter plus donc pour consommer plus);

 

Or l'endettement, en règle générale et en l'occurrence aux Etats-Unis, peut aussi être analysé comme le témoignage de la confiance dans l'avenir, et non comme « un manque de confiance des citoyens des Etats-Unis envers leur propre système économique (et politique ?) ».

 

De même pour l'investissement (la spéculation si vous préférez) en bourse et son accroissement, qui peut aussi signifier: j'ai confiance dans les entreprises de mon pays, dans le capitalisme - je n'ai pas envie / pas besoin d'acheter des bons du trésor...

 

3/ (je n'ai pas les chiffres, mais) l'émission des bons du trésor a beaucoup augmenté (augmentation des déficits + croissance en volume de l'économie), nettement plus que la population et son épargne: donc simplement arithmétiquement, "toutes choses égales", la proportion baisse pour les particuliers, sans que l'on puisse en tirer des conclusions autres. (NB: il serait intéressant de connaître les chiffres en montants, et non en pourcentage).

  

Quant au découplage, deux commentaires:

 

1/ l'exemple de Singapour ne me parait pas très pertinent: un petit pays, comme un petit bateau, peut beaucoup plus facilement changer de cap qu'un pays plus grand (a fortiori pour un pays à forte tradition de dirigisme économique comme Singapour);

 

2/  la financiarisation du monde, comme en témoigne la crise des «  subprimes », se rit de l'évolution des relations économiques que vous mentionnez (les flux du commerce extérieur et leurs évolutions relatives): la financiarisation procède par une étrange (et irrésistible?) capillarité reposant plus sur l'appât du gain de nombreux acteurs très variés (et très disséminés) que sur l'économie réelle.

Conséquences: affaiblissement des banques dans tel et tel pays, tarissement du crédit, ralentissement voire récession - tout ça avec ou sans découplage

 

A cet égard, un motif d'optimisme, l'intelligence garde sa place comme en témoigne l'originalité de la situation de l'Espagne (par rapport à la France, l'Allemagne, l'Angleterre...): c'est la banque centrale espagnole qui par des mesures techniques appropriées, a virtuellement interdit aux banques espagnoles de détenir ce genre de produits (CDO's...) contenant des crédits « subprimes ». Ainsi ce pays, et ses banques, ne sont quasiment pas affectés par la crise des « subprimes » - mais ils ont leurs propres problèmes immobiliers, considérables: on peut alors soutenir que somme toute, il vaut mieux être confronté à ses problèmes autochtones, sur lesquels on garde un certain pouvoir d'action, plutôt qu'à des problèmes importés "à l'insu de son plein gré" (sur lesquels on n'aura que peu de pouvoir d'intervention).

 

Si vous voulez donner votre avis, cliquez dessous sur « ajouter un commentaire ». Ou retour à la page d’accueil de Serenidee.

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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 12:37

 

Olgugi, et veidi hilinenult, sooviksin siiski edastada oma eestlastest sõpradele südamlikud õnnesoovid Eesti Vabariigi 90. aastapäeva puhul. Selle blogi eesmärk ei ole iga rahvuspüha tähistamine, kuid juhtumisi olen ma oma elust üle nelja aasta veetnud Tallinnas.

"Agenda" on ajakiri, mida annab Helsingis välja Denisa Udroiu ja tema meeskond. Aasta alguses rääkis Denisa mulle oma kavatsusest pühendada ajakirjas eraldi rubriik Eesti 90. aastapäevale ning soovis teha minuga sel teemal intervjuu. Nüüd on võimalik lugeda seda teksti veebilehel.

Kui soovite Eesti Vabariigi 90. aastapäeva kohta või sellega seotud teemadel arvamust avaldada, lisage oma kommentaar klikkides lingil "ajouter un commentaire".



A few days late, but I'd like to congratulate my Estonian friends on the 90th anniversary of the establishment of the Republic of Estonia. This blog is not into cutting a notch in the chimney mantle at every national day, but it happens I spent more than four years working and living in that country.

"Agenda" is a magazine published in Helsinki (Finland) by Denisa Udroiu and her team. Earlier this year, Denisa said she was preparing a special section in her magazine to coincide with the Estonia-90 events, and she wanted to do an interview with me. You can now read this interview online.

If you want to make a remark on Estonia's 90th birthday, or on a related subject, please click below on "ajouter un commentaire". Or return to the Serenidee homepage.



Malgré quelques jours de retard, j'aimerais présenter mes voeux les plus sincères à mes amis estoniens, à l'occasion du 90ème anniversaire de l'établissement de la République d'Estonie. Ce blog n'a pas pour vocation de marquer chaque fête nationale, mais il se trouve que j'ai passé plus de quatre ans en Estonie.

"Agenda" est une revue publiée à Helsinki (Finlande) par Denisa Udroiu et son équipe. Au début de cette année, Denisa avait indiqué qu'elle préparait une section spéciale de sa revue pour coïncider avec les événements marquant ce 90ème anniversaire, et qu'elle souhaitait m'interviewer. Désormais, ce texte se trouve en ligne.

Si vous voulez donner votre avis sur le 90ème anniversaire de l'Estonie, ou sur un sujet voisin, cliquez ci-dessous sur "ajouter un commentaire". Ou retour à la page d'accueil de Serenidee.
 

 

 

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 18:49
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(la version en français se trouve ci-dessous, après la version en anglais)

 

 

Some experts consider the current financial crisis as potentially the most damaging since the Great Depression. The precursory signs of widespread economic disruption have been available for more than a year, but were not heeded by most financial institutions, and hardly recognized by any political leader. Obviously, the “sub-prime” failure was only the more visible tip of a wider phenomenon. Today, the looming depression begs a question: are we facing a worldwide crisis of gigantic proportions, or is this mainly a case of “meltdown” in the United States, some regions and countries being “decoupled” and therefore less exposed than the US?

 

The writing has been on the wall for some time, but has been widely ignored, including by major media outlets. 

-          As far back as 2005, some websites had suggested that the global economy was headed toward major difficulties, but their opinion was considered marginal (on this subject, you may wish to read some pieces in the “GlobalEurope Anticipation Bulletin” (click here), which has a regularly updated section on the “global systemic crisis”). On the 26th of March 2006, the US Federal Reserve discontinued the publication of figures pertaining to M3 (monetary aggregate made up of M1 + M2 + all other certificates of deposit, deposits in Eurodollars and repurchase agreements). The Fed simply stated that “M3 does not appear to convey any additional information about economic activity that is not already embodied in M2 and has not played a role in the monetary policy process for many years”… 

-          What the Fed failed to make public (at least to my knowledge) was that, starting in 2005, the proportion of US citizens holding US bonds and similar values had fallen to an all-time low of about 5%, and that this incredible figure said something about the lack of trust that US citizens had in their national economic (and political?) system. 

-          The media remained all but silent. A few days after the Fed announcement, the Financial Times (FT) gave a factual account, in a few lines. It took almost a year before any substantial analysis was printed in the press. 

-          And yet, in July 2006, Professor Nouriel Roubini (Stern School of Business, New York University) had written a piece whose title seemed startling at the time, “A Coming Recession in the US Economy?” In a recent –and as always excellent- article, Martin Wolf sums up in a vivid way Prof. Roubini’s “12 steps” to financial disaster, from “the worst housing recession in US history” to “a vicious circle of losses, capital reduction, credit contraction, forced liquidation and fire sales of assets at below fundamental prices” (FT 20 Feb. 2008, page 9).

 

Are we facing a worldwide recession, or is this all about a US meltdown from which other countries are partly shielded by “decoupling”?

-          Ever since the Great Depression, which started in the US and quickly spread to the rest of the world, it has been accepted dogma that a crash of the US economy will of necessity cause major damage to just about every other country. Among the factors supporting this theory, the overwhelming role of the US Dollar in world trade, on the oil market, and as a reserve currency, was an undisputed –even an overwhelming- reality.

-          But things began changing in the first years of the 21st century. The creation of the Euro (1st of January 1999) was first met with condescending sounds (six months previous to that, a US luminary predicted in “Foreign Affairs” the failure of the Single Currency, “if it ever comes into being”. Today, less than a decade later, the Euro is a solid fact not only in the EU, but worldwide: it is the preferred currency for about half of world trade, a quarter of all currency reserves, and will soon be used as one of two denominations in the oil trade worldwide, alongside the US Dollar.

-          World trade has also developed new patterns. After half a century of enjoying a position of dominance in almost every field in R & D, manufacturing, commerce, banking and finance, the US share in the global economy has slowly decreased. Whereas in 2000 the US accounted for 20% of all imports in the world, today that figure is about 14%. Until 10 years ago, the US was the largest client of and exporter to Japan, as well as of and to the European Union (EU). In March 2007, for the first time in modern history, the volume of EU/China trade was greater than EU/US; and at about the same time, US/China exchanges overtook US/EU trade. This is taken as a sign that national economies -at least the more dynamic ones today- are better equipped to adapt to new requirements.

-          These indicators of change have prompted experts to formulate a question which would have been considered indecent, or at least provocative, only a decade ago: if the US were to run into difficult times, would this still have a massive impact on the rest of the world? In support of this theory of “decoupling” between North America and the rest of the world, some specialists point out that Asia, the fastest growing market in the world, is compensating (at least to a certain extent) for falling demand in the US and (in some cases) slackening trade with Europe. It is also pointed out that even in Canada and Mexico, partners of the US in the NAFTA (North American Free Trade Association, ALENA in Spanish), the onset of the US depression has not yet had a strong negative impact. In a recent issue of “The Lex Column”, the case of Singapore is provided as an illustration of possible “decoupling”: in this island republic, “non-oil exports to (the US and Europe), a third of its export market, fell sharply in January, but exports to China rose 10 per cent year-on-year” (FT dated 20 Feb 2008, page 14).

 If you care to leave a comment, please click below (after the French translation of this article) on “ajouter un commentaire”. Or return to Serenidee homepage.

 

 

Certains experts estiment que l’actuelle crise financière est potentiellement la plus grave depuis la Grande Dépression. Les signes précurseurs d’un vaste désordre économique sont disponibles depuis plus d’un an, mais ils n’ont guère été retenus par la plupart des institutions financiers, ni reconnus par aucun dirigeant politique. Il est maintenant clair que la faillite du système des « sub-prime » n’était que la partie la plus visible d’un phénomène bien plus large. Aujourd’hui, l’imminence d’une depression appelle une question urgente : sommes-nous en presence d’une crise mondiale de grande ampleur, ou s’agit-il plutôt d’une “meltdown” touchant les Etats-Unis, d’autres regions et pays étant prémunis par un “découplage” de fait ?

 

L’actualité est recouverte de graffiti révélateurs depuis déjà quelque temps, mais cela est passé inaperçu, y compris des grands médias.

-          Déjà en 2005, quelques sites sur l’Internet signalaient que l’économie mondiale allait connaître de grandes difficultés, mais leur analyse était considérée comme marginale (regardez, par exemple, “GlobalEurope Anticipation Bulletin” (cliquez ici), qui met à jour régulièrement sa section sur la “crise systémique globale”).  Le 26 mars 2006, la Réserve Fédérale des Etats-Unis (Fed) cessa de publier les chiffres relatifs à M3 (agrégat monétaire comprenant M1 + M2 + tous autres instruments financiers négociables). La Fed se contenta d’une brève indication : « M3 ne semble fournir aucune indication supplémentaire sur l’activité économique qui ne soit déjà intégrée dans M2, et n’a pas joué de rôle dans la mise au point de la politique monétaire depuis de nombreuses années »…

-          Ce que la Fed s’est gardée de mettre en avant (en tout cas à ma connaissance) c’est que, à partir de 2005, la proportion de citoyens des Etats-Unis détenteurs de bons du trésor et valeurs assimilées de leur pays, était tombée au niveau historique le plus bas, environ 5%, et que ce chiffre incroyable était révélateur d’un certain manque de confiance des citoyens des Etats-Unis envers leur propre système économique (et politique ?).

-          Les media sont demeurés à peu près silencieux. Quelques jours après l’annonce de la Fed, le Financial Times (FT) en rendit compte en quelques lignes. Il fallut encore presque une année avant que ne paraisse une veritable analyse.

-          Pourtant, en juillet 2006, le professeur Nouriel Roubini (Stern School of Business, Université de New York) avait écrit un article dont le titre interpellait à l’époque: « Une récession annoncée dans l’économie des Etats-Unis ? ». Dans un récent –et comme de coutume excellent- article, Martin Wolf résume fort à propos ce que le Professeur Roubini a appelé les “12 étapes” conduisant au désastre financier, qui vont de « la plus grave récession immobilière dans toute l’histoire des Etats-Unis » au « cercle vicieux de pertes, de réduction de capital, de contraction du crédit, de liquidation forcée, de ventes dans l’urgence d’avoirs en-dessous des prix fondamentaux » (FT 20 février 2008, page 9).

 

Sommes-nous face à une récession mondiale, ou s’agît-il plutôt d’un désastre aux Etats-Unis, dont d’autres pays seraient partiellement protégés par le “découplage” ?

-          Depuis la Grande Dépression, qui débuta aux Etats-Unis et s’étendit rapidement au reste du monde, il est entendu qu’une nouvelle chute brutale et massive de l’économie des Etats-Unis ne manquerait pas d’affecter cruellement tous les pays de la planète. De nombreux facteurs corroborent cette théorie : le role prédominant du Dollar US dans le commerce mondial et sur le marché des produits pétroliers, ainsi que son role comme monnaie de reserve.

-          Mais les choses ont commence à changer au début du 21ème siècle. La création de l’Euro (1er janvier 1999) fut d’abord saluée avec condescandene (six mois plus tôt, un dirigeant américain avait donné un article à “Foreign Affairs” où il annonçait l’échec de la Monnaie Unique, “à supposer même qu’elle devienne réalité”. Aujourd’hui, moins d’une décennie plus tard, l’Euro est une solide réalité non seulement dans l’UE, mais à l’échelle globale: environ la moitié du commerce mondial est libellé en Euros, qui constituent également un quart des monnaies de réserve, et qui seront bientôt utilisés dans le négoce mondial des produits pétroliers, aux côtés du Dollar US.

-          Le commerce mondial lui-même a évolué. Après avoir bénéficié, un demi-siècle durant, d’une position dominante dans pratiquement tous les secteurs (R & D, industrie, commerce, banque et finance), la part des Etats-Unis dans l’économie mondiale a connu une réduction progressive. Alors qu’en 2000 les Etats-Unis absorbaient 20% de toutes les importations, aujourd’hui le chiffre est de 14%. Jusqu’à il y a dix ans environ, les Etats-Unis étaient le premier client et le plus grand fournisseur du Japon, mais aussi de l’UE. En mars 2007, pour la première fois dans la période contemporaine, le volume des échanges UE/Chine a dépassé celui du commerce UE/Etats-Unis ; et, de manière presque concomitante, le commerce Chine/Etats-Unis a dépassé les échanges entre les Etats-Unis et l’UE. Ceci est considéré comme le signe que les économies -en tout cas les plus dynamiques d'entre elles- sont capables de s'adapter avec plus de facilité.

-          Ces indicateurs de changement ont amené certains experts à poser une question qui, il y a seulement une décennie, pouvait paraître indécente, ou qui sonne au moins comme une provocation : si les Etats-Unis devaient rencontrer de grandes difficultés, l’impact serait-il toujours aussi fort sur le reste du monde ? Pour étayer cette théorie du “découplage” entre l’Amérique du Nord et le reste du monde, certains spécialistes font valoir que l’Asie, le marché en plus forte croissance, compense au moins en partie la chute de la demande aux Etats-Unis et (dans certains cas) une diminution des courants d’échange avec l’Europe. Ils soulignent que meme le Canada et le Mexique, partenaires des Etats-Unis dans l’ALENA (Association de libre-échange d’Amérique du Nord, NAFTA en anglais), les débuts de la récession aux Etats-Unis n’ont pas eu –ou pas encore- de conséquences graves. Dans une récente livraison de “The Lex Column”, Singapour est mis en avant comme exemple du “découplage” : dans cette république insulaire, « les exportations hors produits pétroliers, vers les Etats-Unis et l’Europe, soit un tiers de son marché à l’exportation, ont subi une forte chute en janvier, tandis que ses exportations vers la Chine augmentaient de 10 pourcent d’une année sur l’autre » (FT du 20 février 2008, page 14).

 

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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 12:35

 A la suite de l'article "2008 : faits & tendances", j'ai reçu plusieurs commentaires. Pierre de l'Oratoire, qui a déjà été l'invité de ce blog, présente ci-dessous quelques analyses intéressantes.

In reaction to the article « 2008: facts & trends », I received several comments. Pierre de l'Oratoire, who has already been a guest writer on this blog, presents some interesting views below.


Pierre de l'Oratoire :

2008, l'impossible devient probable


Je partage largement votre analyse, et les éléments que vous mettez en exergue. Trois remarques et un vœu:


1/ Ce genre d'exercice auquel vous nous invitez est d'autant plus « stimulant » que l'on peut imaginer de véritables ruptures et non des extrapolations... Ou, pour reprendre le titre et sous-titre d'un récent livre de Jean-Pierre Dupuy (professeur de philosophie sociale et politique à l'Ecole Polytechnique et à l'Université de Standford) "Pour un catastrophisme éclairé : quand l'impossible est certain".

De tout temps, le prophète annonce le plausible, le possible, le probable, le quasi-certain… afin que l’homme réagisse à temps et « détourne le destin » (ou le courroux de Dieu, comme les prophètes dans l’Ancien Testament). Alors allons-y : guerre civile au Pakistan, insurrections dans les campagnes chinoises, confrontation avec l’Iran, reprise du pouvoir par les Talibans afghans, émeutes de la faim ici et là, assassinats de personnalités libres, hausse vertigineuse du prix du pétrole bouleversant les données de la mondialisation fondée sur les échanges physiques…

 2/ Un commentaire sur la récession qui est en train d'arriver : le principal facteur discriminant (en particulier pour les pays émergents que vous évoquez) sera la nature présente et les orientations de chaque économie ; ainsi, les pays dont le dynamisme économique et la croissance reposent plus sur leur marché domestique que sur l'exportation, seront beaucoup moins affectés: c'est la revanche de l'Inde sur la Chine.

 3/ J'ajouterai un élément complexe appelé à jouer un rôle important en 2008 : les hausses des prix des biens agricoles en de multiples endroits de la planète, ou plus généralement l’insécurité alimentaire. On en a eu un aperçu avec les émeutes de la tortilla au Mexique, des grèves contre les pâtes chères à Rome, la hausse de près de 20% des prix alimentaires en Chine, les renversements de l’offre et de la demande des produits laitiers en Europe... A présent, l’' « ag-flation » (les économistes sont plus rapides pour créer des néologismes que pour créer des richesses…) est là, fruit des aléas climatiques (dont le réchauffement), de la réduction des terres arables (sous les coups de l’urbanisation et des infrastructures, notamment de transport), de la hausse des coûts des intrants (dont le pétrole et ses dérivés), de la raréfaction de l’eau, des modes de culture, de la modification des régimes alimentaires (la consommation de viande en Chine a plus que doublé depuis 1990 – or il faut trois à huit protéines végétales pour faire une protéine animale !), de la concurrence des agro-fuels, ainsi que de la croissance de la population mondiale… L'impact économique et politique de l' « ag-flation » reste à évaluer, à prévoir, à anticiper.

 Un vœu pour terminer : que les politiciens français réduisent enfin les remugles de leur tout à l’ego…

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Pierre de l'Oratoire :

2008, the impossible becomes probable

I'm widely in agreement with your analysis, and with the features you chose to highlight. Three remarks and one wish:


1/ This kind of exercise to which the readers of this blog are invited, is indeed stimulating, as they are called upon to imagine true cleavages, rather than just extrapolations... Or, to take up the title and sub-title of a recent book by Jean-Pierre Dupuy (Professor of social and political philosophy at Ecole Polytechnique and at Standford University) « In defence of enlightened catastrophism: when the impossible is certain » ("Pour un catastrophisme éclairé : quand l'impossible est certain").

 Since the earliest times, prophets have heralded things plausible, possible, probable, quasi certain... to bring mankind to react in a timely fashion to « obviate destiny » (or the wrath of God, as in the prophets of the Old Testament). So let's do just that: civil war in Pakistan, revolt in the Chinese countryside, confrontation with Iran, the Afghan Taliban regaining power, food revolts here and there, figureheads of freedom and free speech being murdered, steep rise in the cost of oil bringing about a huge change in the very parameters of globalization, which is dependent upon physical exchanges...

 2/ One comment on the looming recession: the main discriminating factor (especially in the emerging economies you mention) will be the present state and the policy choices of each economy; thus, countries whose economic dynamism and growth depend more on their domestic market than on exports, will be less at risk: this is India's revenge on China.

 3/ I would add a complex element which will no doubt play an important rôle in 2008: in many parts of the world, a hefty increase in the cost of food products, and more generally, an aggravated insecurity in food supply. This has already been demonstrated by the « tortilla revolt » in Mexico, strikes against the price of pasta in Rome, the increase of 20% in the price of foodstuffs in China, the reversal of supply and demand of dairy products in Europe... Now, the trend is « ag-flation » (economists are quicker at coining new words than at creating wealth...), which is the result of various factors: climate instability (including warming), the shrinking proportion of arable land (as a consequence of urban growth and space taken up by infrastructure, especially for transport), the rising cost of agricultural inputs (including oil and its derivatives), growing scarcity of water, modes of agricultural production, modified eating habits (in China, consumption of meat has doubled since 1990 – and it takes three to eight plant proteins to make one animal protein!), competition from agro-fuels, and the general increase in world population… The economic and political impact of « ag-flation » remains to be properly evaluated, forecast, anticipated.

 And finally, one wish: may French politicians, at long last, reduce the stench from some of their ego-centric plumbing

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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 12:20

(this article was updated on 20th January 2008)


"Chacun voit midi à sa porte" (literally, "every man sees high noon at his doorstep") is a French saying for "all truth is subjective". And the same applies to things taking shape, with the added difficulty that forecasting has always been a risky task.

In the spirit of this blog, which favours debate, I'd like to invite you to contribute events or trends which, in your view, could turn out to be significant in 2008. I would encourage you to state why you think an event or a trend might be meaningful, rather than merely stating that it is important. You may also wish to correct what you perceive as conventional wisdom. To start the ball rolling, here is a brief list (the order in which the items are listed is not meant to reflect any predetermined degree of importance). Over the past week I received some remarks and suggestions, which have been integrated in this updated version.

- 2008, International Year of Languages. Yes, I know: each year, some noble cause is set aside for special attention, but sometimes this simply -and sadly- reflects the fact that there is little hope of achieving the goals assigned by that celebration. Think of racism, think of crass intolerance, which are still rife in so many parts of the world. But the decision to proclaim an international year devoted to a cause can have some effect in the long run, as can be seen in the case of fighting against illiteracy, or the battle against certain diseases. Coming back to the International Year of Languages, its significance lies in the fact that languages are the vehicles of communication, but also the crucibles of identity and culture. Some politicians, some media people occasionally call for "an end to all this waste of having so many languages, instead of everyone just using, say, English", for instance in the daily work of the European Union (EU). As a citizen of a Member State of the EU, and considering myself European, I find it quite normal that a fraction of the taxes I pay are used to fund the needs of interpretation and translation in the EU. By respecting the right to everyone's language, we observe one of the most fundamental rights.

- 2008 will determine the choice of the next President of the USA, even though the successor to George W. Bush will not be sworn into office before the 20th of January 2009. It is customary to say that every US presidential election is important because the policy choices of the new executive can have an impact on many other countries, say through the way commercial issues are taken up at the World Trade Organization (WTO), or attitudes toward the eco-system of our planet (the Kyoto Protocol and beyond). But the upcoming election is significant in several new ways. If Barack Obama were elected, for the first time in its history the USA would send a “non white" to the Oval Office. More interestingly, they would be choosing a new type of US citizen as their highest representative: born of a "white" mother from Kansas and of a "black" father from Kenya, M. Obama would actually be different from both liberal "whites" and from the present generation of "black" leaders (e.g. Jesse Jackson, who has been critical of B. Obama). Would this signal a true generation shift, as well as -at long last- the racial reconciliation of the USA? Another interesting feature of the upcoming election is that the future President will have to accommodate the fact that his country, while still in a position of privilege inherited from the outcome of World War 2, is no longer  dominant in an increasing number of areas: the US Dollar now faces competition from the Euro; US military might is at odds with its political will; NATO has been weakened, not by European ambition, but by a shift of US policies; the US economic model seems less sustainable than a decade ago... But for the incoming President, perhaps the biggest challenge of all will be to reverse the tendency of the last few years, during which world public opinion has downgraded the USA, now placing it in the same category as Russia or Saudi Arabia. Can the USA make a comeback, to regain its power of attraction as a social model, as a paradigm of opportunity but also of fairness and equality, as a reference in international relations and in global governance?

- 2008: world recession, or simply a new pack of cards? Curiously, it has taken mainstream media many months to recognize the fact that some major economies were running into deep trouble. When the "subprime" crisis could no longer be ignored, monetary authorities just threw money at it, by the billions. As it became clear that the looming crisis in the USA was not limited to housing, investment funds ran in all directions, banks and other financial institutions experienced heavy losses, and now there is a sense that the ominous word "depression" may soon apply. If this were to happen in 2008, it would no doubt start in the USA, but would of course have an impact on its main trading partners, the EU, China, Japan, and other countries in Asia, the Pacific, Latin America, and the Middle East. But viewed in a somewhat longer term, this crisis begs a crude question: is this truly going to be a world recession, as was the case in 1929-30, or is this mainly a US crisis and just a new pack of cards being imposed upon the world economy by a set of circumstances? Is the USA going to suffer the brunt of the recession with some of its major partners feeling the heat, but the rest of the world getting by? To be blunt, is the slack in US business going to be taken up by the huge increase of economic activity in China, India, Brazil and others, even though this may take another decade?

- 2008: the beginning of a new phase in European integration? To enter into force, the modified Lisbon Treaty (signed by the Heads of State or Government on ) must be ratified by all the Member States. Among these, only Eire (the Republic of Ireland) has a constitutional requirement to organize a referendum. That being said, in the other Member States the way ahead is not without risk, especially where public opinion and the political structure are “euro sceptic”. In other countries as well, parliamentary ratification is not a foregone conclusion, because of the risk of contamination of undecided citizens by a rise in the “no” camp, for instance if in one country the ratification process turns out to be difficult or, even worse, negative.

- 2008: protecting the environment, a growing challenge for public opinion in industrial countries. But this subject will most likely remain on the agenda, unresolved for a long time, because of differences of appreciation regarding the causes and the magnitude of climate change, the appropriate solutions, and the equitable sharing of the necessary efforts.

- 2008: zones of tension and instability still present the same degree of danger. In Kosovo, the ample movement in favour of independence is opposed by Serbia, a country supported by Russia. This potentially explosive situation, in a zone where instability has been rife for decades, happens to be in the immediate vicinity of the European Union. One question could arise: if Kosovo were to acquire independence, could this influence other entities which, like Kosovo, hold autonomy or independence as a goal, in Central or Eastern Europe, or in Asia? In the Middle East, areas of tension and instability are as widespread as in the past few years. Actually, this vast zone possesses features which are both interesting and dangerous: it is a prime reservoir of energy resources, but it is also the point of convergence of the three large monotheistic religions whose problems or rivalries inevitably have repercussions elsewhere in the world. In summary, the situation in the Middle East seems as much fraught with danger as a year earlier. The continuous conflict between Israel and Palestine has reached such proportions that one dare not guess what the chances are of returning to a normal life, nor of reaching a conclusion in the long drawn-out “peace process” between Israel and the Palestinian Authority, whatever the belated commitment of President Bush and Condoleeza Rice. In Irak, the quagmire in which the US troops and their remaining allies are sinking, leaves little hope of a proper solution: the military occupation has gone so far that even a withdrawal of US troops, which Barack Obama is the only candidate in the US presidential race to be calling for, carries the risk of igniting a conflict of unbelievable cruelty between Shiites, Sunnis and Kurds, national reconciliation seeming totally beyond reach for the time being. The role of Iran in the region is not viewed positively by a large segment of the international community, its lack of transparency in developing nuclear energy causing concern. The politics of sanctions against Iran is rendered inefficient by the rifts in the Security Council of the United Nations, so that some experts fear there might be “pre-emptive” military strikes against Iran (by the USA or Israel?), which the same observers think would then be used by Teheran to fuel a major conflict in the Middle East, with worldwide repercussions because of the crucial importance of oil resources. In Afghanistan, the worsening politico-military situation is visible in several ways: an historic increase in the production and export of drugs derived from the poppy crop, a less comprehensive military effort by the USA, the gradual withdrawal of troops by several allies of the US, and a weakening of Afghan authorities both at the State level and in the provinces. Pakistan is falling into a chaotic situation in which the predictable triumph of one or the other form of extremism (military dictatorship or religious and sectarian dictatorship) leaves little hope of a turn towards democracy.

- 2008, any significance for global communications and the Internet? According to current estimates, out of a world population of more than 6 billion people, some 2 billion use mobile 'phones, the users of computers is anything between 1 and 2 billion, and the number of people using the Internet (whether regularly or infrequently) is of the order of 1 billion. Experts consider that the next billion of Internet users will arrive before 2010, and that they will probably include about 500 million users in China (although, for the time being, that country is more one huge intranet than a part of the Internet, as shown by cases of censorship recently made public). It's quite amazing that a juxtaposition of infrastructures in separate countries, and a loose combination of regulatory and legal dispositions across the globe, have been able to support an expansion of such magnitude, in overall communications. This is truly changing our world, to an extent that some governments, chapels or ideologies might regret. In Burma, the non-violent resistance of the Buddhist clergy suddenly gave new faith in the long drawn out courage of Aung San Suu Kyi, and it seems that both mobile 'phones and Internet were instrumental in this attempt at emancipation from dictatorship. By the way, do you remember that another technical process had been instrumental in the spread of Samizdat  newsletters, which were part of Glasnost and Perestroika in the USSR, I mean the fax machine? Information, at least truthful and verifiable information, is certainly more abundant today, and the trend seems clear for the coming years. Does this mean that we can hope for a shrinking fabric of ignorance, and therefore of intolerance, aggression and war?

I still have a few items up my sleeve, as regards events or trends which might be significant in 2008, but I'd like to have your views: please click below on "ajouter un commentaire". Or return to Serenidee homepage.

(article mis à jour le 20 janvier 2008)


"Chacun voit midi à sa porte" : cet adage s'applique aussi aux tendances en train de prendre forme, la prévision n'étant jamais sans risque.

Dans l'esprit de ce blog, qui appelle au débat, je vous invite à faire part des événements ou des tendances qui, d'après vous, pourraient se révéler significatives en 2008. Je vous encouragerais à dire pourquoi vous pensez que tel ou tel événement peut être important, au lieu de simplement proclamer qu'il est important. Peut-être souhaiterez-vous corriger telle ou telle affirmation, si vous la trouvez erronée. Pour lancer le débat, voici une brève liste (l'ordre ne reflète aucun degré d'importance prédéterminé). Au cours de la semaine écoulée, j’ai reçu des remarques et suggestions, qui ont été intégrées dans cette mise à jour.

- 2008, Année internationale des langues. Oui, j'en suis conscient : chaque année, on désigne quelque noble cause à notre attention, mais parfois cela reflète -triste vérité- le peu d'espoir de la faire aboutir. Songez au racisme, à l'épaisse intolérance, encore si répandues dans le monde. Mais la décision d'assigner une cause pour une année peut avoir un certain à long terme, comme on le voit avec la lutte contre l'analphabétisme, ou contre certaines épidémies. Mais revenons à notre Année internationale des langues : ce choix est pertinent car les langues sont non seulement des vecteurs de communication, mais aussi des creusets d'identité et de culture. Certaines personnalités politiques, certains responsables dans les médias, souhaitent "une fin à toute cette gabegie de langues multiples, au lieu d'une seule langue véhiculaire, disons l'anglais", par exemple dans le travail quotidien de l'Union européenne (UE). En tant que citoyen d'un Etat membre de l'UE, et me sentant Européen, je trouve assez normal qu'une partie de mes impôts serve à financer l'interprétation et la traduction dans l'UE. En respectant le droit de chacun(e) à l'usage de sa langue, nous respectons l'un des droits les plus fondamentaux.

- 2008 déterminera le choix du prochain président des Etats-Unis d'Amérique (EUA), même si le successeur de George W. Bush ne prendra ses fonctions que le 20 janvier 2009. On a coutume de dire que toute élection présidentielle aux EUA est importante parce que les choix politiques du nouveau chef de l'exécutif peuvent avoir un impact sur de nombreux autres pays, que ce soit à travers les positions commerciales adoptées à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ou l'attitude à l'égard de la protection de l'écosystème de notre planète (Protocole de Kyoto et ses suites). Mais cette fois-ci l'élection est significative de plusieurs nouvelles façons. Dans l'hypothèse d'une victoire de Barack Obama, ce serait la première fois dans l'histoire que le corps électoral des EUA enverrait à la Maison Blanche un non "blanc". Plus intéressant encore, il choisirait ainsi un nouveau type de citoyen pour les représenter au plus haut niveau : né d'une mère "blanche" du Kansas et d'un père "noir" du Kenya, M. Obama se distinguerait, en réalité, et des "blancs" libéraux, et de la présente génération de dirigeants "noirs" (par exemple Jesse Jackson, qui est assez critique à l'égard de B. Obama). Serait-ce alors le signal d'un véritable changement de génération, ainsi que -enfin- la réconciliation entre les différentes composantes des EUA ? Un autre aspect intéressant de l'élection : le nouveau président devra faire face à une nouvelle réalité, que son pays, même s'il jouit encore des privilèges issus de la Deuxième Guerre mondiale, n'est plus dominant dans un nombre croissant de domaines : le Dollar doit faire face à l'Euro ; la puissance militaire des EUA est en discordance avec sa volonté politique ; l'OTAN a été affaiblie, non pas par l'ambition européenne, mais par les changements d'orientation des politiques des EUA ; le modèle économique nord-américain semble moins viable à terme qu'il y a seulement une décennie... Mais sans doute le plus grand défi que le nouveau président devra relever, sera de tenter de renverser la tendance des dernières années au cours desquelles l'opinion publique mondiale a ravalé les EUA dans l'échelle des valeurs, aujourd'hui au même niveau que la Russie ou que l'Arabie Saoudite. Les EUA peuvent-ils réussir un retour, peuvent-ils reconquérir leur pouvoir d'attraction en tant que modèle social, comme parangon des occasions les plus ouvertes mais aussi d'équité et d'égalité, en tant que référence dans les relations internationales et dans la gouvernance mondiale ?

- 2008 : récession mondiale, ou redistribution des cartes ? Curieusement, il aura fallu aux grands médias de nombreux mois pour reconnaître que certaines des plus grandes économies sont en difficulté. Lorsque la crise du "subprime" ne pouvait plus être ignorée, les autorités monétaires ont tenté de la résoudre à force de milliards. Lorsqu'il est devenu patent que la crise en gestation aux EUA ne se limitait au seul secteur du logement, les fonds d'investissement se sont agités en tout sens, les banques et les autres établissements financiers ont essuyé de lourdes pertes, et maintenant le sentiment prévaut que le terrible mot de "dépression" pourrait bientôt devenir d'actualité. Si ce scénario devait effectivement voir le jour en 2008, il débuterait sans doute aux EUA, aurait évidemment un impact sur ses principaux partenaires économiques, l'UE, la Chine, le japon, d'autres pays en Asie, dans le Pacifique, en Amérique Latine, au Moyen Orient. Mais replacée dans une perspective à plus long terme, une telle crise appelle une question évidente : s'agira-t-il véritablement d'une récession mondiale, comme en 1929-30, ou verrons-nous avant tout une crise aux EUA ainsi qu'une redistribution des cartes dans l'économie mondiale, du fait des circonstances ? Verrons-nous les EUA subir le gros de la récession et certains de leurs partenaires en subir aussi les conséquences, mais le reste du monde se tirant d'affaire ? Pour parler sans détours, l'affaiblissement de l'économie des EUA sera-t-elle compensée (au moins en partie) par  l'énorme croissance de l'activité économique de la Chine, de l'Inde, du Brésil et d'autres, même s'il faudra une décennie pour que cette tendance devienne sensible ?

- 2008 : début d’une nouvelle phase de la construction européenne ? Pour entrer en vigueur, la signature du traité modifié de Lisbonne () doit être ratifié par tous les Etats membres. Parmi ceux-ci, seule l’Eire (République d’Irlande) se trouve dans l’obligation constitutionnelle d’organiser un référendum. Pour autant, dans les autres Etats membres le chemin n’est pas dépourvu d’embûches, surtout là où l’opinion publique et la classe politique sont eurosceptiques. Dans d’autres pays, le débat parlementaire sur la ratification est loin d’être gagné d’avance. En outre, il y a un risque de contagion des indécis par un gonflement du camp des « non », par exemple si dans un pays la ratification se révèle problématique ou, pire, négative.

- 2008 : la protection de l’environnement, un enjeu grandissant pour l’opinion publique dans les pays industrialisés. Mais les divergences quant aux causes et à l’ampleur du dérèglement climatique, aux solutions à adopter, ainsi que la difficulté à répartir équitablement les efforts nécessaires, font que ce sujet restera d’actualité encore pendant longtemps.

- 2008 : les zones de tension et d’instabilité ne manquent pas. Au Kosovo, le large mouvement en faveur de l’indépendance est contré par la Serbie, soutenue par la Russie. Cette situation potentiellement explosive, dans une région caractérisée depuis des générations par une grande instabilité, se trouve dans le voisinage immédiat de l’Union européenne. Une question peut se poser : si le Kosovo devenait indépendant, quel pourrait être l’effet sur d’autres régions ayant, comme lui, des aspirations autonomistes ou indépendantistes, en Europe centrale, en Europe orientale, en Asie ? Au Moyen Orient, les foyers de tension et d’instabilité demeurent aussi nombreux et exacerbés que ces dernières années. En réalité, cette vaste région possède des caractéristiques à la fois intéressantes et dangereuses : grand réservoir de ressources énergétiques, mais aussi lieu de rencontre des trois grandes religions monothéistes dont les problèmes ou les rivalités se répercutent dans d’autres parties du monde. Dans l’ensemble, la situation y paraît encore plus inquiétante qu’il y a un an. Le conflit continu entre Israël et Palestine a pris de telles proportions qu’on n’ose plus risquer un pronostic sur les chances d’un retour à la vie normale, ni sur l’aboutissement du processus « de paix » entre Israël et l’Autorité palestinienne, quel que puisse être l’engagement très tardif du président Bush et de Condoleeza Rice. En Iraq, le bourbier dans lequel continue de s’enfoncer les troupes des Etats-Unis et des quelques alliés qu’il leur reste sur place, ne permet pas d’espérer une issue convenable : l’occupation militaire a été tellement loin que le retrait des Etats-Unis, que Barack Obama, seul parmi les candidats à la présidence des EUA à réclamer, risquerait fort de déclencher un affrontement d’une cruauté inouïe entre Chiites, Sunnites et Kurdes, une réconciliation nationale paraissant pour l’instant hors d’atteinte. Le rôle de l’Iran dans la région n’est guère perçu comme positif par la communauté internationale, tant ses projets de développement de l’énergie nucléaire suscitent inquiétude et appréhension en raison du manque de transparence de Téhéran. La politique des sanctions à l’égard de l’Iran, est frappée d’inefficacité en raison des divergences au Conseil de sécurité des Nations Unies, ce qui fait craindre à certains experts des frappes militaires « préventives » contre l’Iran (par les Etats-Unis d’Amérique ou par Israël ?), susceptibles selon ces mêmes observateurs d’être utilisées par Téhéran pour susciter un vaste conflit affectant l’ensemble du Moyen Orient, mais aussi le reste du monde en raison des ressources pétrolières qui seraient mises en jeu. En Afghanistan, la détérioration de la situation politico-militaire se manifeste de plusieurs façons : une augmentation historique de la production et de l’exportation de drogues à base de pavot, un morcellement des efforts militaires des EUA, un retrait progressif des contingents de plusieurs alliés des Etats-Unis, un affaiblissement des autorités afghanes, tant au niveau de l’Etat que des régions. Le Pakistan sombre dans une dérive chaotique où le triomphe annoncé de l’une ou l’autre forme d’extrémisme (dictature militaire ou dictature religieuse et sectaire) ne laisse que peu de chances à une évolution démocratique.

- 2008 : une importance pour les communications globales et pour l'Internet ? Selon certaines estimations, sur la base d'une population mondiale d'un peu plus de 6 milliards, il y aurait quelque 2 milliards de téléphones mobiles en usage, le nombre d'usagers d'ordinateurs se situerait entre 1 et 2 milliards, et le nombre de personnes ayant accès à l'Internet (régulièrement ou très peu souvent) serait de l'ordre du milliard. Les experts considèrent que le prochain milliard d'usagers de l'Internet se mettra en place avant 2010, et pourrait comprendre 500 millions en Chine (quoique, pour l'heure, ce pays soit plus un gigantesque Intranet qu'un maillon de l'Internet, comme l'ont démontré des cas de censure révélés récemment). Il est remarquable qu'une juxtaposition d'infrastructures dans différents pays, et qu'un assemblage assez souple de dispositions juridiques et réglementaires à travers le monde, aient permis, à une telle échelle, le développement des communications globales. Ce phénomène est vraiment en train de changer notre monde, d'ailleurs à un degré que certains gouvernements, des chapelles et des idéologies voient d'un mauvais œil. En Birmanie, la résistance pacifique du clergé bouddhiste a brusquement donné une nouvelle espérance au courage longuement éprouvé de Aung San Suu Kyi, et il semble que la téléphonie mobile et l'Internet aient joué un rôle dans cette tentative d'émancipation de la dictature. Au fait, vous souvenez-vous encore qu'un autre procédé technique avait joué un rôle dans la diffusion des Samizdat, qui ont fait partie des mouvements Glasnost et Perestroika en URRS, je veux parler de la machine fac simile ? L'information, en tout cas l'information véridique et vérifiable, est aujourd'hui bien plus accessible que naguère, et la tendance semble s'amplifier. Est-ce que cela implique que, dans les années à venir, nous pourrons assister au rétrécissement de la superficie de l'ignorance, et par conséquent de l'intolérance, de l'agression et de la guerre ?

- 2008 : la Russie poursuivra sans doute le chemin tracé par Vladimir Poutine, qui a réussi à mettre en place un système politique qui lui permet de conserver une large part de pouvoir tout en respectant la lettre de la constitution et des lois de ce pays. Ce décalage entre le respect formel des lois et la réalité des pratiques politiques amène nombre d’experts, dans la sphère occidentale mais aussi en Russie même, à craindre un recul de la démocratie en Russie. Les mêmes expriment une inquiétude devant les ambitions de Poutine, tout occupé à rendre à cette « superpuissance déchue » son rang sur l’échiquier mondial, alors que d’autres puissances s’affirment, par exemple la Chine.

Il me reste en réserve quelques faits et tendances susceptibles de se révéler significatives en 2008, mais j'aimerais connaître votre avis : veuillez cliquer ci-dessous sur "ajouter un commentaire". Ou retour à la page d'accueil de Serenidee.

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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 07:14


Noël 2007 à Helsinki
: le port, libre de toute glace, permet une navigation comme le reste de l'année. Pas de neige, une température entre +2 et +5 degrés Celsius, le jour qui se lève théoriquement vers 09H15 et le soir qui arrive vers 15H30, tout cela crée une molle impression dans ce pays habitué à des hivers nettement plus rigoureux. Une bonne illustration de ce radoucissement du climat : la flotille de six brises-glaces de haute mer reste à quai à Katajanokka, devant le ministère des affaires étrangères. Hier après-midi, veille de Noël, j'y ai fait un tour vers 15H30.

Christmas 2007 in Helsinki: no ice in the port, shipping carries on like the rest of the year. No snow, a temperature ranging between +2 and +5° Celsius, theoretical daylight around 9:15 a.m., sunset at about 3:30 p.m., all this creates a fuzzy atmosphere in this country accustomed to much harsher winters. A striking example of warming: the fleet of ocean-going ice-breakers lies idle in Katajanokka, in front of the Ministry of foreign affairs. Yesterday afternoon, Christmas eve, I went for a stroll at about 3:30 p.m. to see these large ships.


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Les six brises-glaces de haute mer sont au repos, et pour l'instant les prévisions météo ne prévoient pas un hiver plus rude à Helsinki.
(Photo : JJS)

The six ocean-going ice-breakers are at rest, and for the time being the weather forecast is not predicting a colder winter in Helsinki. (Photo: JJS)

Il y a trois ans, j'avais eu la chance de faire une sortie sur l'un de ces brise-glace. Le gros bâtiment, dans le chaud ronronnement de ses moteurs, avait fait crisser sa proue dans les monceaux de glace, manoeuvrant pour s'écarter du quai. Une fois le cap mis sur l'étroit passage de Suomenlinna qui mène à la haute mer, le crissement s'était fait moins bruyant à mesure que la vitesse augmentait. Vu de la passerelle, le spectacle était fascinant : la proue labourait ces champs blancs, où les passages récents étaient matérialisés par un sillage de crêtes de compression, blocs de glace dérangés puis ressoudés cahin caha. C'est avec ces souvenirs en tête que je me suis retrouvé devant le port où la flotille de brises-glaces a coutume d'attendre durant les rudes hivers de Finlande, l'un d'entre eux avec ses moteurs au ralenti, prêt à aller délivrer tout bâtiment enserré dans les glaces. Aucun ronronnement puissant de moteur. Une guirlande sur l'un de ces navires, "Urho".
Three years ago, I was lucky enough to go to sea on board one of these ice-breakers. In the warm purring of its engines, the large ship had pushed its bow into the creaking ice packs when leaving the wharf. Once the course was set on the narrow passage of Suomenlinna, and hence to the open sea, the creaking of ice became muted as the ship picked up speed. From the bridge, the sight was fascinating: the bow churning up the white fields, the recent passage of vessels made visible by the clogged ice, unsettled and soon soldered together again in disorder. It is with these memories in mind that I walked toward the port area where the ice-breakers are assembled during the harsh Finnish winters, one of them always on duty with its engines idling gently, ready to go to sea to deliver any boat trapped in the ice. No powerful purring of engines. On the "Urho", one of these ice-breakers, a string of light bulbs.


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Devant la grille qui donne accès au quai des brises-glaces, les boîtes à lettres de ces puissants navires sont alignées sagement...
(Photo : JJS)

In front of the gate leading to the home port of the ice-breakers, the mail boxes of these powerful ships are meekly lined up... (Photo: JJS)


Scène campagnarde de ces boîtes à lettres desservant les fiers brises-glaces aux noms exaltants : "Voima", la force ; "Kontio", nom familier de l'ours des épaisses forêts finlandaises ; "Sisu", la constance dans l'effort ; "Otso", autre nom usuel de l'ours ; "Urho", l'homme courageux...
Like in some remote country lane, a row of letter boxes belonging to the ice-breakers, each bearing an exalted name: "Voima" for strength; "Kontio", a familiar name for bears in the deep forests of Finland; "Sisu", constant endeavour; "Otso", another familiar name for bears; "Urho", a man of courage...

Deux cygnes croisaient le long de ces puissants navires, le jeune encore revêtu de son plumage brun tâcheté, et son parent paré d'un blanc improbable dans l'obscurité qui planait. Leur progression nonchalante, sur cet arrière-plan de navires au repos, ajoutait une note imprévue à cette scène d'hiver finlandais. En quittant cette partie du port, j'ai croisé trois dames qui, sacs de provision à la main, montaient probablement à bord pour fêter Noël en famille.
Two swans were cruising along the flanks of these powerful ships, the younger one still in its spotted brown apparel, the parent clad in a shade of white made improbable by the gathering dusk. Their carefree gliding, against this backdrop of idle ships, added an unexpected note to this Finnish winter scene. Upon leaving this area of the port, I came across three ladies carrying bags of food, probably on their way to a family Christmas celebration on board.

Dans la dernière anse du port, le "Strömsdal", un petit remorqueur rappelait d'autres temps : sa proue droite, au métal renforcé, n'était pas de trop pour ouvrir une voie à travers les glaces des hivers d'antan.
In the last bend of the port, the "Strömsdal", a small tugboat, was a reminder of times gone by: its vertical bow, in reinforced metal, was never too sturdy when opening up a channel in the ice of yesterday's winters.


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Le "Strömsdal" ("la vallée de la rivière", en suédois) à quai, la veille de Noël.
(Photo : JJS)
The "Strömsdal" (River valley", in Swedish) along the wharf, on Christmas eve. (Photo: JJS)

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21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 08:46


J'ai toujours été fasciné par l'horlogerie
. Il est merveilleux que l'ingéniosité humaine soit parvenue à reproduire, en miniature, la mécanique céleste. La mise au point de machines capables de marquer le passage du temps avec une régularité sans cesse améliorée, a ouvert la voie aux navigateurs, aux explorateurs, aux expériences scientifiques. La montre est la seule machine dotée d'un battement de coeur.

Au contact de certains experts qui sont souvent aussi des collectionneurs avisés
, j'ai découvert un monde qui a ses références, son vocabulaire, son code esthétique. Pour la plupart d'entre eux, la valeur d'une montre tient à un mélange, différent d'un individu à l'autre, de rareté, de valeur à la revente, de finition, de "noblesse" des matériaux, ou encore l'habileté du dispositif qui autorise la juxtaposition de plusieurs "complications". Tel collectionneur à Hongkong recherche avant tout une série limitée (de l'ordre d'une centaine d'exemplaires) voire très limitée (une dizaine). Tel connaisseur aux Etats-Unis apprécie l'oeuvre artisanale, conçue et entièrement exécutée par un maître horloger travaillant seul ou presque. Tel amateur à Dubai veut une montre pour aller avec sa Bentley bleue, et telle autre pour se prélasser sur son voilier...

Je me sens assez éloigné de ces références. Souhaitant une montre pour tous les usages, je me suis renseigné sur différents modèles, j'ai demandé leur avis à des connaisseurs, fait le point sur les innovations marquantes des dernières décennies, lu des essais comparatifs. Les critères simples qui se sont imposés à moi se sont trouvés fort éloignés de ceux de la plupart des collectionneurs : l'exactitude m'est apparue comme plus essentielle que la rareté, la fiabilité plus souhaitable qu'un tourbillon aux volutes gothiques.

Le choix s'est finalement porté sur une Omega calibre 8500, montre produite en grande série sans aucune prétention d'exclusivité. Doté de l'échappement "co-axial" mis au point par l'horloger anglais George Daniels, ce nouveau calibre devrait servir de base pour le lancement de plusieurs modèles chez Omega, y compris à complications (chronographe, second fuseau horaire, calendrier perpétuel...). Ayant eu connaissance de plusieurs essais, j'avais été attiré par l'assez grande exactitude prêtée à cette montre, alors même que son prix n'en faisait pas un objet de grand luxe. En achetant ce modèle, je pensais simplement disposer d'une montre fiable, dotée d'un nouveau calibre relativement intéressant. 


DSC02511-copie-3.JPG
Omega De Ville "Hour Vision", calibre 8500 à remontage automatique, 2 barillets à ressorts, échappement "co-axial", modèle en acier sur bracelet en acier avec déployante. Photo : JJS.
Omega De Ville "Hour Vision", caliber 8500 with automatic winding, 2 spring barrels,"co-axial" escapement; all-steel model with a steel bracelet with a déployante buckle. Photo : JJS.


Trois semaines plus tard, quelle surprise de constater l'exactitude exceptionnelle de cette montre mécanique produite en grande série ! Jugez-en vous-même : au moment de l'achat, j'ai mis la montre à l'heure exacte (Horloge parlante, cliquez ici}.  Le lendemain, constatant une avance de 24 secondes, je l'ai remise à l'heure. Quelques jours plus tard, voyant qu'elle avançait de 9 secondes, je l'ai remise à l'heure encore une fois. Et depuis lors, cette montre s'est révélée précise au-delà de ce que l'on pouvait raisonnablement en attendre, de l'ordre d'une ou de deux secondes par semaine !


DSC02508-copie-1.JPGLa montre "Hour Vision" présente des côtés en cristal taillé laissant entrevoir le mécanisme, ce qui est une première mondiale. Le fond de boîtier, également transparent, est fixé par 4 vis. La montre n'en porte pas moins la mention d'étanchéîté "100 mètres", alors que la plupart des montres de cette catégorie sont prévues pour 50 mètres de profondeur. Notez la finition sans hiatus entre les bords du boîtier en acier et les parties transparentes. Photo : JJS.
The sides of the "Hour Vision" are made of cut crystal which affords a view on the mechanism: a world first. The bottoms of the case, also transparent, is secured by 4 screws. In spite of these features, the watch is rated as waterproof to "100 meters", whereas most watches in this category are made to withstand only 50 meters. Note the finishing of the metal lugs, which are flush with the transparent parts. Photo : JJS.


Etonné, j'ai interrogé un spécialiste d'horlogerie sur l'Internet. L'un des meilleurs jeunes experts, qui habite à Singapour, a répondu en substance qu'il n'était point étonné, que certaines montres de série (par exemple celles utilisant les ébauches ETA) étaient plus fiables que bon nombre de montres fabriquées en série limitée par de grands horlogers et vendues beaucoup plus cher, et qu'en réalité l'exactitude absolue n'était même pas le principal critère de sélection pour la plupart des connaisseurs.



DSC02507-copie-1.JPGVus à travers le fond transparent, le mécanisme de remontage automatique (bas et droite) et l'échappement (gauche). Notez le motif de finition du métal, qui est également une première. Photo : JJS.
Viewed through the transparent back, the automatic winding mechanism (lower and right) and the escapement (left). Note the pattern used in the finishing of the metal surfaces, which is also a world first. Photo : JJS.


La morale de cette histoire, c'est que dans l'horlogerie moderne, chacun peut trouver montre à son poignet, de la pièce produite en 10 exemplaires (avec un prix en conséquence) à la montre à quartz à moins de 100 Euros. L'autre jour, traversant à pied la Place Vendôme, j'ai remarque qu'à côté des temples du luxe où des montres endiamantées sont vendues à des dizaines voire des centaines de milliers d'Euros, Swatch a ouvert une boutique dont la sobre vitrine met en valeur trois montres à quartz compliquées, la plus coûteuse étant à 250 Euros : quelle provocation, mais aussi quel rappel à la réalité ! Si vous voulez donner votre avis, cliquez ci-dessous sur "ajouter un commentaire". Ou retour à la page d'accueil de Serenidee.



I've always been fascinated by horology
It's quite marvelous to think that human ingenuity has led to the reproduction, in miniature, of planetary movement. The creation of machines capable of marking the passage of time with ever greater regularity opened the way for navigators, explorers, and scientific experiments. The watch is the only machine with a heartbeat.

Thanks to being in contact with some experts who are also shrewd collectors, I've discovered a world with its references, its parlance, its aesthetic code. For most of them, the value of a watch is a mix -variable from one individual to another- of rarity, resale value, finishing of the watch, "nobility" of the materials used, or the cleverness of the mechanisme which makes it possible to fit into the same timepiece several "complications".  A collector, say  in Hong Kong, seeks above all else the exclusiveness of a limited (ca. a hundred copies) or very limited (ca. ten copies) series. A connaisseur, say in the USA, will especially appreciate the handcrafted work of a master watchmaker who has designed and executed, alone or almost, every part of the timepiece. An afficionado, say in Dubai, might want a watch to blend with his Bentley, and another one to enjoy an outing on this yacht... 

I don't really share these values. As I was looking for an all-purpose watch, I sought precise information on various models, asked for some expert advice, checked all meaningful innovations of the past decades, and read comparative evaluations. At the end of this process, a few simple criteria emerged, which are quite far removed from those espoused by most true collectors: accuracy of timekeeping seemed to me more important than rarity, and reliability seemed more desirable than any tourbillon with gothic convulutions.

Finally, the choice was an Omega caliber 8500, a mas^s-produced watch which in no way pretends to be exclusive. Fitted with the "co-axial" escapement designed by the English watchmaker George Daniels, this new caliber is meant to equip a new range of models by Omega, including complications (chronograph, second time zone, perpetual calender...). Having heard about several bench trials, I had been interested in the rather good rate of accuracy this watch was credited with, in spite of its not being a luxury item. When purchasing this model, I simply thought I was getting a reliable watch, fitted with a rather interesting new caliber.

Three weeks later, the surprise lies in the amazing accuracy of this mass-produced mechanical watch. Here are the facts: just after purchase, I set this watch to the exact time (Paris observatory, click here}. The next day, seeing that it was running 24 seconds fast, I reset it. A few days later, it was running 9 seconds fast, and I reset it again. And since then, this watch has turned out to be accurate beyond reasonable expectation, to the tune of one or two seconds per week!

Surprised by this outcome, I posted an inquiry on a well-known horology site on the Internet. One of the best young experts, writing from Singapore, replied that, in fact, he was not surprised, that some mass-produced watches (for example those using en ETA blank) were more accurate than many a limited series watch handmade by some well-known watchmaker and fetching much higher prices, and that in essence, absolute accuracy was not even the main criterion of choice for most connoisseurs.

The lesson of this tale is that with modern horology, there's a watch to suit every wrist, from rare pieces produced in only 10 units (with a price to match) to quartz watches worth under 100 Euros. The other day, walking through Place Vendôme in Paris, I noticed that next to the temples of luxury where diamond-studded watches are sold at tens of thousands, or even hundreds of thousands of Euros, Swatch has a small shop where you can see, in their modest window, three quartz watches with complications, the most expensive one costing 250 Euros: that's provocation, but also a wake-up call to reality! If you want to leave a comment, please click below on "ajouter un commentaire". Or return to Serenidee homepage.

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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 04:00


Vous, les jeunes, vous constatez que l'Internet donne lieu à un débat animé.
Les questions posées sont importantes, non seulement pour votre génération, mais pour tout le monde, et les réponses façonneront l'usage futur de l'Internet. Quelle est aujourd'hui la taille de la "toile" à l'échelle mondiale ? Peut-on être assuré que nous disposerons toujours d'un réseau permettant à toute personne ou entité d'établir un lien électronique avec toute autre personne ou entité dans le monde ? L'expansion continue de la "toile" ne s'accompagne-t-elle pas d'une commercialisation accrue, et cette tendance limite-t-elle le libre choix ? Voilà quelques-unes des questions que les usagers se posent.

Vous avez sans doute remarqué que, dès lors qu'un sujet devient important, dès qu'une technologie prend une place prépondérante dans la vie sociale ou économique, très vite le débat se polarise selon les convictions de certains experts. Une telle polarisation empêche alors de distinguer le vrai potentiel d'une technologie, et rend plus difficile un débat serein sur l'usage que l'on entend en faire. L'échange d'idées peut alors prendre une tournure polémique, chaque partie refusant d'admettre le point de vue des autres, ce qui laisse alors le champ libre aux idéologues des extrêmes, mais aussi à une exploitation commerciale qui n'obéit qu'à sa propre logique.

Pour commencer, voici quelques données de base concernant la "toile". Le présent article ne s'adresse pas aux experts, mais aux usagers qui utilisent l'Internet sans disposer encore de connaissances précises sur son mode d'organisation, sur ses aspects technologiques, sur les grands enjeux qui se dessinent déjà.

Evoquer l'Internet en 2007 oblige d'abord à souligner l'ampleur du phénomène. Selon une estimation souvent reproduite dans les médias, et sur une population mondiale de l'ordre de six milliards, il y aurait aujourd'hui environ un milliard de personnes utilisant peu ou prou l'Internet. A peine lâché, un tel chiffre doit immédiatement être relativisé, car il n'est attesté par aucune enquête complète (parle-t-on de gens qui, une fois dans leur vie, ont eu accès à l'Internet, ou s'agit-il majoritairement de personnes plus habituées à "surfer" ?). A titre de comparaison, on estime qu'aujourd'hui environ deux milliards de téléphones mobiles sont en usage dans le monde.  Mais pour revenir à l'Internet, il ne fait pas de doute que le nombre d'usagers se monte à plusieurs centaines de millions, et que le chiffre exact soit plus proche du milliard que de 500 millions. Leur répartition géographique reflète d'autres réalités à l'échelle de la planète : dans un pays donné, le nombre d'internautes dépend étroitement de la disponibilité des infrastructures (courant électrique, accès aux réseaux, contenus dans les langues locales...), du niveau de vie, mais aussi de la capacité de la population à en faire un bon usage (niveau d'éducation, censure). Si l'on accepte l'hypothèse de travail d'un milliard d'usagers, la répartition généralement admise est la suivante : entre 200 et 300 millions en Europe (définition géographique), le même ordre de grandeur en Amérique du Nord ; quant à la Chine, venue tardivement à l'Internet, elle aurait déjà plus de 100 millions d'usagers. Il est d'ailleurs intéressant de noter que dans leurs projections, la plupart des experts estiment qu'à l'échelle mondiale, le passage à deux milliards d'usagers comportera une augmentation du nombre de Chinois "surfant", qui passerait à quelque 500 millions. D'autres "géants" potentiels de la "toile" sont le Brésil et l'Inde : notons d'ailleurs que le deuxième Forum sur la Gouvernance de l'Internet (FGI) vient de se dérouler à Rio de Janeiro (cliquez ici) et que la troisième édition se tiendra à Delhi en 2008 (cliquez ici).

Au cours des semaines et mois à venir, ce blog accordera une place à certaines questions cruciales pour l'avenir de l'Internet, notamment du point de vue de l'usager. Je propose de présenter les faits, mais aussi de faire écho au débat en cours sur certaines de ces questionsl'accès (quelles sont les conditions matérielles d'accès à la "toile" ?), la qualité et la fiabilité des contenus (ce que les spécialistes nomment "sécurité"), la commercialisation souhaitable ou non d'informations et même de données personnelles, les enjeux géopolitiques de l'Internet. Cette liste n'est pas limitative, et vous pouvez d'ailleurs faire des suggestions (en cliquant ci-dessous, après la traduction en anglais du présent article, sur le lien "ajouter un commentaire"). Ou retour à la page d'accueil de Serenidee. Texte Copyright: Jean-Jacques Subrenat, 19 novembre 2007.
 


You, the young users of the Internet, know that there is currently a lively debate about the world-wide web.
The questions which arise are indeed important, not only for your generation, but for everyone, and the answers will determine the future use of the Internet. What is currently the size of the world Internet? Can we be assured of the continued availability of connectivity which allows any person or entity to be linked to any other person or entity in the world? Won't the continuous expansion of the web bring about a greater degree of commercialisation, and will such a trend limit our freedom of choice? These are some of the questions raised by users.

As you know, when a subject becomes topical, or when a technology becomes prevalent in society or in the economy, the debate tends to become polarized  by the convictions of some experts. Such polarization does not allow us to understand the real potential of a technology, and at the same time it becomes more difficult to have a debate about what we expect that technology to perform. The exchange of ideas becomes heated, each party turning a deaf ear, and this situation opens up a wide avenue to the ideologues of extremes, and it also favours a form of commercialization led by its own logic.

For starters, here are a few basic facts about the web. This article is not meant for experts, but for users of the Internet who are not (yet) familiar with the way it is organized, the technology on which it is dependent, or the emerging issues.

Looking at the Internet in 2007, one first has to underline the magnitude of the phenomenon. According to one estimate which is often taken up in the media, and on the basis of a world population of six billion, there are apparently about one billion (more or less regular) users of the Internet. However, as soon as such a figure is put forward, it must be tempered, because it has not been confirmed by any global study (do we include people who once in their lives were connected to the internet, or only people with more regular exposure?). For the sake of comparison, it is estimated that today there are about two billion mobile telephones in use worldwide. But coming back to the Internet,  it seems certain that the number of users runs into the hundreds of millions, the exact figure probably being closer to one billion than to 500 million. Their geographic distribution mirrors other global realities: in any given country, the number of Internet users is directly dependent on the availability of infrastructure (electric power, connectivity, contents in local languages...), on the standard of living, but also on the capability of the public to make good use of the system (level of education, censorship). If we accept the working hypothesis of one billion users of the Internet, the generally admitted distribution is as follows: between 200 and 300 million in (geographically defined) Europe,  and the same order of magnitude in North America; as for China, a latecomer on the Internet, it would already have more than 100 million users. It is interesting to note that, according to experts, the worldwide increase from one to two billion would include a Chinese share of 500 million. Other potential "giants" include Brazil and India: incidentally, the second Internet Governance Forum (IGF) just took place in Rio de Janeiro (click here) and the third edition will be organized in New Delhi in 2008 (click here).

In the coming weeks and months, this blog will present some of the questions which are crucial for the future of the Internet, especially from the point of view of users. I will be presenting the facts, but will also echo the current debate on some topical issuesaccess (what are the material prerequisites for connectivity?), quality and reliability of content (some experts refer to this as "security"), acceptable or reprehensible forms of commercial use of information, including private data, and the geopolitics of the Internet. This list remains open-ended, so you can suggest other themes (please click below on "ajouter un commentaire"). Or return to Serenidee homepage. Text Copyright: Jean-Jacques Subrenat, 19 novembre 2007.

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