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  • JJS
  • Membre/Member, NTIA IANA Functions' Stewardship Transition Coordination Group (2014~2016); Membre/Member, NetMundial Initiative Coordination Council (déc. 2014~2016); ICANN/ALAC (2010~14); ICANN Board (2007-10); diplomat(e) (1971-2005); ambassadeur/dor (1995-2005). Gouvernance; défis globaux / Governance; global challenges.
  • Membre/Member, NTIA IANA Functions' Stewardship Transition Coordination Group (2014~2016); Membre/Member, NetMundial Initiative Coordination Council (déc. 2014~2016); ICANN/ALAC (2010~14); ICANN Board (2007-10); diplomat(e) (1971-2005); ambassadeur/dor (1995-2005). Gouvernance; défis globaux / Governance; global challenges.

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7 mai 2007 1 07 /05 /mai /2007 07:03

L'élection présidentielle de 2007 a favorisé l'émergence d'une nouvelle réalité en France : les citoyens ont redécouvert la portée de leur vote, les partis ont compris que les consignes aux électeurs ne sauraient dispenser d'un programme politique, les grands médias ont perçu que l'internet les a rejoints dans l'exercice du quatrième pouvoir. A chaud, voici quelques enseignements et les tendances qui me semblent s'annoncer :

- Le taux de participation à l'élection présidentielle, le plus élevé depuis plus de trente ans (environ 85% sur les deux tours), indique que la politique, lorsqu'elle autorise un vrai choix, n'est pas objet de mépris. Je pense que, portés par les enseignements de l'élection présidentielle, les électeurs demeureront mobilisés pour choisir leurs futurs députés (législatives les 10 et 17 juin 2007).

- Les consignes de vote émises par certains partis pour le second tour n'ont guère été suivies. Les votes obtenus par François Bayrou le 22 avril se sont reportés autant au profit de Nicolas Sarkozy que de Ségolène Royal, contrairement aux projections des instituts de sondage et malgré la "suggestion de vote" de Bayrou lui-même peu avant le second tour. Même si Jean-Marie Le Pen a préconisé l'abstention, au deuxième tour ses voix sont allées massivement vers Sarkozy. Et s'il est vrai que les éléments de "la gauche" se sont soudés autour de Royal le 6 mai, le résultat du scrutin met cruellement en évidence leur absence de cohésion, c'est-à-dire l'inexistence d'un projet commun.

- Les extrêmes ne font plus recette: le Parti communiste est au point le plus bas de son histoire (moins de 2%, contre presque 20% il y a une trentaine d'années) ; même s'il recule de manière moins spectaculaire que le PC, le Front national est en crise (moins de 10%, contre un cinquième de l'électorat en 2002 au premier tour) ; et l'ensemble des partis qui se positionnent à "gauche" du PS ne représentent plus, ensemble, que moins de 10%.

- Une ambiguïté reste toutefois à lever : la sensibilité écologique se situe-t-elle forcément "à gauche" ? Si Sarkozy respecte son engagement en faisant une place importante aux questions de développement durable dans le programme du futur gouvernement, le positionnement de l'électorat écologique pourrait s'en trouver modifié, peut-être même durablement. Un tel bouleversement, s'il venait à se produire, serait alors un révélateur de problèmes profonds non seulement dans l'actuelle diaspora verte, mais aussi au PS.

- Les élections législatives de juin 2007 pourraient marquer, non pas un retour à la cohabitation, mais le début d'une coalition composite entre l'exécutif et le législatif. Je dois d'ailleurs reconnaître que mon analyse au lendemain du premier tour de la présidentielle n'est probablement plus valable : je prévoyais alors que le futur Président, Royal ou Sarkozy, allait faire face à une majorité contraire à l'Assemblée nationale car, disais-je, l'électeur serait tenté de compenser ou corriger son choix présidentiel. Aujourd'hui, il me semble que le Président Sarkozy pourrait disposer d'un fort soutien, voire même d'une majorité diverse mais réelle, dans la future Assemblée nationale. L'électorat de Bayrou se trouve donc dans une situation paradoxale : tandis que Bayrou lui-même a marqué sa défiance à l'égard de Sarkozy, les élus de l'UDF se sont presque tous ralliés au nouveau Président. Dans ces conditions, le pari de Bayrou d'entrer en force à l'Assemblée nationale avec un "Mouvement démocratique" n'est peut-être plus à sa portée, auquel cas il devra se contenter de reconstituer -non sans mal- un effectif parlementaire sur le modèle de l'UDF sortante. A ce stade, le pouvoir d'attraction de Bayrou et de son nouveau parti demeure inconnu, et s'annonce en tout cas moins fort que le soutien dont il a bénéficié au premier tour de la présidentielle.

- Enfin, le regard porté sur cette nouvelle France depuis l'extérieur ne manque pas d'intérêt. De nombreux commentateurs étrangers estiment que la "diabolisation" de Sarkozy a discrédité les inspirateurs de cette tactique plus qu'elle n'a nui au candidat de l'UMP ; que le PS, n'ayant pas su ou n'ayant pas osé mettre en échec son conservatisme idéologique (incarné par Laurent Fabius et Jean-Pierre Chevènement) et faute d'avoir accepté un réel aggiornamento (proposé tardivement par Dominique Strauss-Kahn, Michel Rocard et Bernard Kouchner), peut difficilement prétendre incarner la modernité politique ; enfin, que la France est peut-être sur le point de rejoindre les Etats membres de l'Union européenne où gouverner par coalition n'est pas forcément une faute morale, ni la garantie d'un déclin économique et social.

Si vous souhaitez donner votre avis, veuillez cliquer ci-après (à la fin de la version en anglais du présent article) sur "ajouter un commentaire". Ou retour à la page d'accueil de Serenidee.

With the just-completed presidential election, a new reality has emerged in France: voters have become aware that their choices carry weight, political parties that their guidance to voters cannot replace a credible political platform, and the mainstream media that internet has now joined them in exercising the fourth power. Just one day after this election, here are some lessons learned, as well as a few tendencies I detect.

- Voter turnout at this presidential election, the highest in more than 30 years  (about 85% in both rounds), is a clear indication that when a real choicie is available, politics are not despised. As I see it, voters will remain motivated all the way to the parliamentary elections (10 & 17 June 2007).

- Advice given by certain political parties to their voters for the second round were not widely followed. The behaviour suggested by François Bayrou, shortly before the second round, was not followed by those who had voted for him in the first round, as they finally were just as many in favour of Nicolas Sarkozy as of Ségolène Royal, thus contradicting opinion polls. Whereas Jean-Marie Le Pen called for abstention in the second round, his voters migrated massively to Sarkozy's side. And although it is true that the components of "the Left" finally coalesced around Royal,  the outcome is a clear ilustration of their lack of cohesiveness, i.e. their lack of a common agenda.

- The political extremes have lost their power of attraction: the Communist Party has reached the lowest point in its history (less than 2%, against almost 20% about 30 years ago); even if its losses are less spectacular than those of the Communists, the National Front has entered a crisis (under 10%, as opposed to about one fifth of total ballots in the first round in 2002); and together, all the parties positionned on the left of the Socialist Party weigh less than 10%.

One ambiguity remains: is the environtment constituency necessarily anchored on the Left? If Sarkozy abides by his promise to make sustainable development a priority for the next government, the way "green" voters poisition themselves might undergo a big, perhaps even a long-lasting change. Such a major shift, if confirmed, would reveal the deep problems not only of the green diaspora, but also within the Socialist Party.

The coming parliamentary elections  could herald a composite coalition between the executive and legislative branches, rather than a phase of "cohabitation". By the way, I must admit that my analysis just after the first round of the presidential election has probably lost its validity: I had imagined that the next President, whether Royal or Sarkozy, would have to face a hostile majority in the National Assembly because voters would be tempted to compensate for, or correct, their choice for President. Today, my impression is that President Sarkozy could muster strong support in the National Assembly, perhaps even a majority, whatever its components. Bayrou voters are now in a paradoxical situation: whereas Bayrou himself has voiced reluctance at siding with Sarkozy, the parliamentarians from UDF (of which he was president) have almost all rallied around the new President. As a result, Bayrou may no longer be in a position to help his "Democratic Movement" gain a sizable respresentation in the National Assembly, in which case he would have to settle for approximately the number of UDF members who are there today. At this stage, the attraction of Bayrou and of his party remains unknwon, but it is probably weaker than in the first round of the presidential election.

To conclude, France is now perceived in several interesting ways. Many foreign commentators consider that the "diabolizing" of Sarkozy has brought discredit upon the proponents of this tactic, rather than weakening the candidate of the UMP Party; that the Socialist Party, because it failed -or refused- to seriously question its ideological conservatism (represented by Laurent Fabius and Jean-Pierre Chevènement) and also because it rejected a true aggiornamento (tardily suggested by Dominique Strauss-Kahn, Michel Rocard and Bernard Kouchner), is now at pains to appear as the standard-bearer of modern political mores; and finally, that France could well be on the verge of joining other European Union member states where government by coalition is neither a moral fault, nor the inescapable route to economic and social decline.

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Published by JJS - dans serenidee
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