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  • Membre/Member, NTIA IANA Functions' Stewardship Transition Coordination Group (2014~2016); Membre/Member, NetMundial Initiative Coordination Council (déc. 2014~2016); ICANN/ALAC (2010~14); ICANN Board (2007-10); diplomat(e) (1971-2005); ambassadeur/dor (1995-2005). Gouvernance; défis globaux / Governance; global challenges.
  • Membre/Member, NTIA IANA Functions' Stewardship Transition Coordination Group (2014~2016); Membre/Member, NetMundial Initiative Coordination Council (déc. 2014~2016); ICANN/ALAC (2010~14); ICANN Board (2007-10); diplomat(e) (1971-2005); ambassadeur/dor (1995-2005). Gouvernance; défis globaux / Governance; global challenges.

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 17:57

Man findet die deutsche und englische Versionen weiter unten.

You will find the German and English versions below the French version.

 

Lettres à mes proches : l'Europe demain

par Roland Stalder, Jean-Jacques Subrenat, Daniel Marthaler 1

 

Lettre 1 : Donald Trump aurait-il raison ?

15 mai 2017

Au cours de nos conversations, en partageant un repas ou en promenade, il nous est arrivé d'évoquer l'Europe et l'Union européenne (UE). Nous nous sommes demandés vers quoi les tendances actuelles pouvaient nous entraîner : les institutions peuvent-elles résister à l'usure et aux bouleversements, le tissu social est-il suffisamment solide pour ne pas se déchirer ? Donald Trump aurait-t-il raison d'annoncer que Brexit est le début de la fin de l'UE2 ?

 

Cette lettre est une façon de poursuivre la réflexion : ainsi, si tu le souhaites, cela pourra alimenter de futures conversations.

 

Habitants d'un monde occidental imparfait mais généralement vivable, nous constatons que nos sociétés sont entrées dans une période d'instabilité et de doute : instabilité des institutions, doute quant aux valeurs sur lesquelles elles sont fondées. Au Royaume-Uni, le référendum Brexit montre bien comment une information biaisée peut aboutir à une décision comportant des conséquences sur plusieurs générations. Aux Etats-Unis, jour après jour, la présidence Trump donne l'exemple d'informations fausses ou incomplètes qui peuvent dévoyer le fonctionnement normal d'une démocratie.

 

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, en tout cas pour ma génération, la manipulation systématique de l'information était un marqueur distinctif de l'Union soviétique de Staline, de la Chine de Mao, de la Corée du Nord des Kim de père en fils, des théocraties et des dictatures. Soyons lucides : la désinformation n'est plus l'arme des seuls régimes dictatoriaux. Maintenant, dans de nombreux autres pays, l''«infotainment» (information + entertainment) est répandu dans les grands media et amplifié par les réseaux sociaux. Cela brouille la frontière entre faits vérifiables et propagande, entre journalisme responsable et métastase des rumeurs. Ainsi le public est-il abreuvé d' infotainment, ce fatras de nouvelles creuses, irrelevant news.

 

J'exagère ? Malheureusement pas : depuis des décennies l'empire médiatique de Murdoch a contribué à désinformer les citoyens britanniques sur les objectifs et la réalité de l'UE. Aux Etats-Unis le groupe Breitbart, dont l'ancien rédacteur en chef sert de principal stratège au président Trump, a propagé des théories de suprématie raciale et religieuse qu'une démocratie en bonne santé sait normalement tenir en marge. Que dire de la Russie où les libertés publiques sont mises à mal et où l'assassinat politique remplace parfois le débat public ? Que dire de la Turquie où des milliers de journalistes et de fonctionnaires ont été destitués voire emprisonnés ? Que dire de l'Indonésie où un candidat non-Musulman à la mairie de Djakarta vient d'être condamné "pour blasphème" à deux ans de prison pour avoir rappelé que la loi n'oblige pas à voter seulement en faveur d'un Musulman ?

 

Aujourd'hui, au nom de la sécurité, certains Etats démocratiques ont recours aux pratiques qu'elles reprochaient hier aux dictatures, à savoir la surveillance massive sans contrôle parlementaire et judiciaire suffisant, la restriction des droits, la censure, l'auto-censure. Dans le long terme, cette convergence périlleuse risque d'affaiblir nos institutions démocratiques tout en renforçant les régimes autoritaires.

 

Mais alors, comment faire la part des choses, entre les maux attribués en bloc « à l'Europe » et la réalité des tendances mondiales ? Au Royaume-Uni, les initiateurs du Brexit ont persuadé une majorité de leurs concitoyens que l'Union européenne se résumait à des mécanismes de marché, que les institutions européennes auraient confisqué la souveraineté du Royaume Uni, en un mot que Londres subirait le diktat de Bruxelles sans pouvoir réagir. Les médias Murdoch ont amplement caricaturé la Commission européenne, accusée de vouloir imposer aux agriculteurs la production de tomates carrées, ou de tuer l'industrie pharmaceutique au bénéfice des médicaments génériques indiens. Nourri de telles fables, une partie de l'opinion publique britannique attribue à Bruxelles la désindustrialisation de l'Angleterre, l'extension du chômage, la perte du pouvoir d'achat, les difficultés nées de l'immigration. Faut-il rappeler que, membre de la CEE puis de l'UE depuis 1973, le gouvernement britannique a pris part à toutes les décisions communautaires qui la concernent ?

 

C'est l'une des tragédies de notre époque : sans cesse assailli d'informations mais mal informé, le public est facilement persuadé que les maux de son pays sont dus à la construction européenne, alors que nombre de ces difficultés ont d'autres causes, certaines d'entre elles à l'échelle mondiale. Rappelons, surtout pour les plus jeunes, ce qui a motivé la construction européenne et conduit à l'actuelle UE.

 

Les citoyens veulent prendre les choses en main : les Britanniques, mais aussi les Suisses, refusant par exemple que des juges étrangers puissent dire le droit chez eux3. Le nationalisme est devenu une valeur-refuge. Le populisme propose des solutions simples à des situations mondiales et nationales fort complexes. Les populistes proclament que « le peuple doit avoir le dernier mot », en gommant le fait qu'en démocratie, c'est toujours une majorité qui décide.

 

Membres de Collegium60Plus, une association sans but lucratif dont le siège est à Berne (Suisse), nous avons cherché à comprendre les réalités derrière les titres des journaux imprimés, télévisés ou transportés sur les réseaux sociaux. Il nous a semblé que la mise en perspective des questions européennes pouvait éventuellement être utile à nos proches, toutes générations confondues.

 

Les prochaines lettres aborderont divers aspects de la réalité européenne actuelle, dresseront un bilan de la construction européenne, évoqueront quelques grands défis d'avenir ; enfin, la dernière examinera l'avenir des relations entre la Suisse et l'UE. La Lettre 2 tentera de répondre à la question : Le projet européen est-il utopique ? "I want my money back !"

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1  Les auteurs s'expriment ici à titre personnel et leurs opinions ne prétendent pas refléter les positions d'entités avec lesquelles ils pourraient avoir des liens. R. Stalder, citoyen suisse, ingénieur, a occupé des postes de direction en entreprise. J.-J. Subrenat, citoyen français, est un ancien diplomate. D. Marthaler, citoyen suisse, est consultant en communication. Subrenat a rédigé le texte en français, Stalder la version en allemend revue par Marthaler, Subrenat la version en anglais revue par Carole Sunderland. Chacun assume la responsabilité de sa version linguistique.

2  D. Trump, cité par Le Monde : « « Pour les Etats-Unis, cela n’a aucune importance, cela m’est parfaitement égal que les Européens soient unis ou non. » Egalement : « Le Brexit va se révéler une grande chose. », http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/01/17/trump-contre-l-europe_5063933_3232.html#lzIjbIkOthdlzuqp.99

3  La Suisse n'étant pas membre de l'UE, se trouve en dehors de la juridiction de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) sise à Luxembourg. Au Royaume-Uni, le refus de l'autorité de la CJUE a été l'un des principaux arguments en faveur du Brexit. Sur la CJUE, voir https://europa.eu/european-union/about-eu/institutions-bodies/court-justice_fr

 

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Briefe an meine Freunde – Das Europa von morgen

von Roland Stalder, Jean-Jacques Subrenat, Daniel Marthaler 1

 

1.Brief: Hat Donald Trump doch recht?

15.05.2017

Wenn wir mit Freunden wandern oder bei gutem Essen zusammensitzen, entstehen oft angeregte Diskussionen. Einmal kamen wir dabei auch auf das Thema Europa und die Europa-verachtenden Aussagen des amerikanischen Präsidenten Donald Trump zu sprechen: «Der Brexit ist eine grossartige Sache. Für die Vereinigten Staaten ist es völlig unwichtig ob die Europäer vereinigt sind oder nicht, das ist mir völlig egal». Wir haben uns gefragt, was uns die Zukunft bringen könnte: Halten die europäischen Institutionen den Spannungen und dem Umbruch stand, ist das soziale Gewebe genügend stabil, um nicht zu zerreissen? Hat Donald Trump recht, wenn er verkündet der Brexit sei « phantastisch für das Vereinigte Königreich»?2

 

Dieser Brief und fünf weitere Briefe sind der Versuch einer Betrachtung. Wenn Du es möchtest, kannst Du diese Briefe auch an Deine Freunde weiterleiten und so weitere Diskussionen über das Thema Europa anregen.

 

Wir leben in einer unvollkommenen Welt, einer Zeit voller Ungewissheit und Instabilität: Instabilität von Institutionen, Zweifel an den Werten, auf denen sie aufgebaut wurden, eine Welt von Fake News und «alternativen Wahrheiten», welche die Schlagzeilen bestimmen. Im Vereinigten Königreich hat das Brexit Referendum gezeigt in welchem Masse ein Volksentscheid von falschen oder bewusst verfälschten Informationen beeinflusst werden kann, selbst ein Entscheid von kolossaler Bedeutung für die zukünftigen Generationen. In den Vereinigten Staaten macht uns Präsident Trump fast alltäglich vor, wie man mit falschen Informationen das Volk verführen, ja betrügen kann: Fake News und alternative Wahrheiten, um seine Wähler zu bedienen, anstelle von Strategien und Plänen basiert auf Fakten und Visionen.

 

Die systematische Manipulation von Informationen war und ist gängige Praxis in der stalinistischen Sowjetunion, im China Maos, in Nordkorea der Kims sowie in vielen Theokratien. Seien wir uns im Klaren, die Desinformation ist nicht nur die Waffe autoritärer Regimes. Das Aufkommen des Infotainments (Information als Unterhaltung) in den wichtigen Medien, verstärkt durch die Wirkung der sozialen Medien, hat dazu geführt, dass die Grenzen zwischen verifizierbaren Fakten und Propaganda, zwischen verantwortlichem Journalismus und dem Krebsgeschwür der Gerüchte verschwinden. Die Medien füttern das Publikum mit seichtem, bedeutungslosen Infotainment, anstatt ihrer Rolle als vierter Kraft in unserer Gesellschaft gerecht zu werden.

 

Wir übertreiben? Leider nicht. Die Murdoch Medien führen seit Jahrzehnten im Vereinigten Königreich eine Desinformationskampagne über die Ziele und die Wirklichkeit der EU. In den USA verbreitet die Breitbart Gruppe unappetitliche Theorien über die rassische und religiöse Überlegenheit des „Amerikanischen“ gegenüber allem Fremden. Eine gesunde Demokratie hält solch kranke Meinungen ohne weiteres aus. Zweifel sind jedoch angebracht, wenn, wie wir wissen, der Chefredaktor von Breitbart zum Chefstrategen des amerikanischen Präsidenten ernannt wurde. Was sagen wir zu Russland, wo die individuellen Freiheiten mit Füssen getreten werden, zur Türkei wo Zehntausende von Journalisten, Funktionären und Lehrern und Wissenschaftlern abgesetzt und ins Gefängnis gesteckt wurden? Oder zu Indonesien, wo ein Kandidat für das Stadtpräsidium, ein nicht-Muslim, bedroht wurde, weil er seinen Wählern gesagt hat, dass sie nicht verpflichtet seien, einen Kandidaten muslimischen Glaubens zu wählen?3

 

Im Namen des Schutzes der Sicherheit der Bürger sind auch demokratische Staaten versucht, sich solcher Praktiken zu bedienen, Praktiken, die sie früher Diktaturen und autokratischen Regimes vorgeworfen haben. Massive Überwachung ohne parlamentarische und gerichtliche Kontrolle, Einschränkungen der individuellen Freiheiten, Zensur und Selbstzensur werden auch in Demokratien gängige Praxis. Diese Einschränkungen der Freiheitsrechte stärken die autoritären Regimes und gefährden unsere demokratischen Errungenschaften.

 

Wie können wir in einer Welt von Information und Desinformation, von Fakten und alternativen Wahrheiten und Verschwörungstheorien die europäischen Probleme und Unzulänglichkeiten besser verstehen? Zuerst geht es darum, die Fakten auf den Tisch zu legen, richtig von falsch zu unterscheiden. Im Vereinigten Königreich konnten die Brexit Befürworter die Mehrheit ihrer Mitbürger überzeugen, dass die EU nichts anderes sei als eine Freihandelszone, dass die europäischen Institutionen die Souveränität des Königreichs beschnitten hätten, dass das Königreich dem Diktat der EU ausgesetzt sei, ohne selbstständig reagieren und regieren zu können. Die Murdoch Medien verbreiteten Karikaturen der EU, die sie beschuldigten, den Landwirten die Produktion viereckiger Tomaten aufzuzwingen oder die britische Pharmaindustrie mit indischen Generika zu konkurrenzieren. Auf Grund solcher Märchengeschichten glaubt die britische Öffentlichkeit, dass die EU für die Desindustrialisierung des Landes, die Arbeitslosigkeit, den Verlust der Kaufkraft des Pfundes und die Probleme mit der Einwanderung verantwortlich sei. Tatsächlich ist das Vereinigte Königreich seit 1973 Mitglied der EU und seine Regierung war an allen Entscheidungen der EU mitbeteiligt und hat die meisten auch mitgetragen.

 

Die Wirkliche Tragödie unserer Epoche ist die Flut von Informationen, die täglich auf uns einwirkt. Das Publikum lässt sich leicht davon überzeugen, dass alle Probleme von Brüssel kommen und fragt kaum nach deren Ursachen, die oft im eigenen Land oder gar global zu suchen sind. Die Populisten und Volksverführer haben ein leichtes Spiel: Die Bürger müssten ihr Schicksal wieder in ihre eigenen Hände nehmen und müssten fremde Richter ablehnen. Nationalismus wird zum Allerheilmittel gegen das Böse von aussen. Das Volk muss das letzte Wort haben! Sie blenden dabei aus politischem Kalkül bewusst aus, dass kein Land mehr in Isolation bestehen kann und dass Volksentscheide immer Entscheide einer Mehrheit und nicht die des Volkes sind.4

 

Nein, Donald Trump hat nicht recht. Wir brauchen ein vereinigtes Europa, um den Frieden auf dem Kontinent zu erhalten, um dessen Sicherheit zu gewährleisten und in der von Grossmächten dominierten Welt bestehen zu können.

 

In den folgenden Briefen möchten wir die Ursachen beleuchten, welche zur Gründung der EU geführt haben und so zu einem besseren Verständnis der aktuellen Situation beitragen.

 

Wir haben versucht, die Tatsachen hinter den Mediennachrichten besser zu verstehen und Fakten von alternativen Wahrheiten zu trennen. Europa und die EU stehen vor grossen Herausforderungen. Deshalb schien es uns angebracht, uns mit diesem Thema zu beschäftigen.

 

Die nächsten Briefe werden sich mit verschiedenen Aspekten der europäischen Wirklichkeit beschäftigen. Im Zweiten geht es um «Das europäische Projekt eine Utopie? - I want my money back!»

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1   Die Autoren äussern hier ihre persönliche Meinung aus. Diese steht in keinem Bezug zu Organisationen mit denen sie in Beziehung stehen könnten. R. Stalder, Schweizer Staatsbürger, Biochemiker, hat verschiedene Managementposten bekleidet. J.-J. Subrenat, französischer Staatsbürger, war Diplomat, D. Marthaler, Schweizer Staatsbürger, Biologe und Kommunikationsfachmann. Die Briefe wurden auf Französisch von J.-J. Subrenat verfasst und von R. Stalder frei ins Deutsche übertragen und von D. Marthaler überarbeitet. Jeder ist für seine Version verantwortlich.

2 2 D. Trump zitiert durch Spiegel ONLINE 27.01.2017 http://www.spiegel.de/politik/ausland/donald-trump-zu-theresa-may-der-brexit-wird-fantastisch-fuer-das-vereinigte-koenigreich-a-1132112.html

3 der bisherigen Amtsinhaber Basuki Tjahaja Purnama, der landesweit unter dem chinesischen Übernamen «Ahok» bekannt ist; https://www.nzz.ch/international/abwahl-von-ahok-muslimischer-kandidat-gewinnt-gouverneurswahl-in-jakarta-ld.1287645

4 Die Schweiz als nicht EU Mitglied unterliegt nicht der Gerichtshoheit des Europäischen Gerichtshofes in Luxemburg. In Grossbritannien wardie Gerichtshoheit des Europäischen Gerichtshofes ein wichtiges Argument der Brexit Befürworter: https://europa.eu/european-union/index_de

 

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A letter to family & friends - Europe Tomorrow
by Roland Stalder, Jean-Jacques Subrenat, Daniel Marthaler 1
 
First Letter: Might Donald Trump be right?
 
15 May 2017
 
In our conversations over a shared meal or during a walk, we've touched upon Europe and the European Union (EU). We've wondered where current trends might be leading: can our institutions survive their wear and tear, is the social fabric solid enough to avoid being torn asunder? Might Donald Trump be right in proclaiming that Brexit is the beginning of the end of the EU?
 
 
If you agree, this letter may be one way of pursuing our conversation, hopefully with some food for thought.
 
 
As the inhabitants of an imperfect but generally well-functioning Western world, we see that our societies have entered an era of instability and doubt: instability of our institutions and doubt about the values upon which they are built. In the United Kingdom, the Brexit referendum was a brutal reminder that biased information can carry consequences for many generations. In the United States, day after day, the Trump presidency is a living example of how false or incomplete news can skew the normal course of democracy.
 
 
Since the end of World War 2, and at least as far as our generation is concerned, the systematic manipulation of information was the hallmark of Stalin's Soviet Union, of Mao's China, of North Korea down the Kim lineage, a distinctive feature of theocracies and dictatorships. But we must face up to today's reality: the weapon of disinformation is no longer used by dictators alone. Now, in a variety of other countries, infotainment (information + entertainment) has made inroads into mainstream media and is relayed on social media. All this has fudged the borderline between verifiable facts and propaganda, between responsible journalism and the metastatic cancer of rumours. And thus the general public is fed with a hodge-podge mixture of meaningless titbits and irrelevant news.
 
 
Is this going too far? Unfortunately not: for decades Murdoch's media empire has done more than most in disinforming the British public about the purpose of the EU and how it really works. In the United States, the Breitbart group, whose former Editor is now the chief strategist of President Trump, has long propagated racial and religious supremacist theories which, in a healthy democracy, are normally kept in the margins. What can we make of Russia where civil liberties are trampled upon and where politically motivated assassination sometimes replaces public debate? What about Turkey where thousands of journalists and civil servants were recently fired and even jailed? What about Indonesia where a non-Muslim candidate to be Mayor of Jakarta has just been sentenced to two years in prison on the grounds of « blasphemy », simply because he reminded the public that the law does not make it an obligation for Muslims to vote only in favour of Muslim candidates?
 
 
Today, in the name of security, some democratic countries are resorting to the methods for which they criticized dictatorships, such as mass surveillance without adequate parliamentary oversight and judiciary control, the curtailment of civil rights, or the extension of censorship and the spread of self-censorship. In the long run, this perilous convergence can jeopardize our democratic institutions while, at the same time, abetting authoritarian régimes.
 
But then, how can one determine if « Europe » is to be blamed, or whether some of today's problems are due to world-wide trends? In the UK, the initiators of Brexit seem to have persuaded a majority of Britons that the EU is just a set of market rules, that EU institutions have confiscated British sovereignty, that London in under the heel of Brussels without the right to react. The Murdoch media outlets have long portrayed the European Commission as spending its time forcing farmers to produce square tomatoes, or bent on killing off the pharmaceutical industry by favouring generic drugs from India. Fed with such fairy tales, a sizable chunk of British public opinion blames Brussels for the disindustrialization of England, the growth of unemployment, the fall in purchasing power and a spate of problems linked to immigration. It might be useful to recall that, since its entry in 1973 into the European Economic Community (now the EU), the British government has taken part in every joint decision which had any effect on the United Kingdom.
 
 
This is one of the tragic facts of our time: constantly assailed by a jumble of data, yet ill-informed, ordinary citizens are easily convinced that the travails of their country can be attributed to the European project, and tend to ignore the fact that many of these difficulties have other causes, some at a global level. Especially for the younger generation, it is worth recalling the motivation behind the European project and the EU as we know it today.
 
Citizens are eager to hold their lives in their own hands. Thus Britons, but also the Swiss, refuse to let foreign judges set the law in their country2. Nationalism has become the ultimate safe investment. Populism sets forth apparently simple solutions for global and national problems which are very complex. Populists, while prochaiming that « the people should have the last word », tend to gloss over the fact that, in a democracy, decisions are always made by a majority.
 
 
As members of Collegium60plus, a not-for-profit association in Bern (Switzerland), we are keen to understand the realities behind the headlines in printed, televised or electronic news. We thought it might be useful to place current European issues in perspective, for the benefit of those close to us, whatever generation they belong to.
 
 
The next Letters in this series will touch upon various aspects of Europe today, provide a balance sheet of the EU project thus far, and identify future trends and challenges. Finally, Letter 6 will discuss relations between Switzerland and the EU. Letter 2 will try to answer the question: Is the EU utopian? "Give me my money back!".
 
 
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1  Opinions are those of the authors, and do not purport to reflect the positions of institutions or bodies to which they may be linked. R. Stalder, a Swiss national, is an engineer who has held executive positions in industry. J.-J. Subrenat, a French national, is a retired diplomat. D. Marthaler, a Swiss national, is a communications consultant. Subrenat wrote the French and English versions, while Stalder and Marthaler wrote the German version. Each assumes responsibility for his linguistic version.
2       Switzerland, which is not a member of the EU, stands outside the jurdisdiction of the Court of Justice of the European Union (CJEU) located in Luxembourg. In the United Kingdom, rejection of the CJEU was one of the main arguments in support of Brexit. On the CJEU, see https://europa.eu/european-union/about-eu/institutions-bodies/court-justice_fr

 

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Published by JJS
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